Mathias et Céline (Suisse & Italie)
Qui suis-je ?

Mathias et Céline sont partis le 12 mai d'Yverdon en direction de la Mongolie à pied. Ce blog trace leur parcours en Suisse et en Italie

Derniers articles
Menu
Mes amis
Liens


Billet 52 sur 162
Page précédente | Page suivante

17/09/2009 - Inde 23

Inde : chapitre 23


Vendredi 17 juillet, Shingo la pass, Céline ne pouvait pas trouver meilleur endroit pour fêter ses 33 ans!!!

la tète dans les montagnes

Nous sommes entourés de sommets entre 5000 et 6000 m scintillant de leur duvet de neige au soleil. Avec cette pass, nous traversons la troisième rangée himalayenne, "the great range", dernière barrière à la mousson, normalement qu'elle ne franchit pas. Nous entrons au ZanskarUne rivière se dessine de l'autre côté de la pass. Elle va nourir la mythique Zanskar rivière, plus loin vers Padum, la capitale recluse du Zanskar, à cinq jours de marche.

Nous prenons le temps de franchir cette "porte" en célébrant l'événement de cette entrée et celui des 33 ans de Céline avec un peu de chocolat amener de Darcha. C'est pas un Mars, mais ça va nous aider tout aussi bien à repartir et nous engager dans la Lung Nak vallée. Et quel beau cadeau d'anniversaire que ces vues magnifiques.

Nous profitons des névers pour faire de belles glissades. Un groupe de suisse-allemand nous voyant faire en profite aussi. C'est pas à des suisses qu'on va apprendre à glisser sur les névers...

Vertiges des sommets
   

Notre "horse-man" nous a doublé. Du coup, pas le choix. On ne peut s'arrêter au camp intermédiaire, pourtant si joli. Nous devons gagner le fond de la vallée de la Lung Nak.

 Ne m'oublie pas! Si petites face à ces géantes montagnes

En bas un écriteau, "hôtel à 200m". C'est beaucoup dire. Il s'agit d'une enceinte de pierre recouverte d'une bâche, habritant une petite échope à thé. Ambo est assis à nous attendre. Il a déjà tout déchargé nos affaires. Evidemment, cette échoppe l'arrange bien, il va pouvoir faire la "fête" ce soir, à coup de "tchang". Une boisson alcoolisée faite à base de grains d'orge fermentés. Du coup nous apprenons que la place autour de cette cahute est un camping. Auparavant, tout ce large fond de vallée était un beau pâturage. Mais il y a deux ans, la mousson à passé les montagnes himalayennes. Même la dernière grande barrière, la troisième rangée de montagne himalayenne dont la Shingo la pass fait partie, la "grande rangée himalayenne" n'a pas réussi à l'arrêter. Pourtant dernier grand rempart habituel au pluies indiennes estivales. Les rivières ont débordé et se sont étendues. Avec elle tout un lot de sable, de cailloux et de rocs se sont dispersés un peu partout. Le beau pâturage d'alors s'est transformé en plaine de sable et rochers. Sorte de grand delta himalayen!  

Qui dit camping, dit 100 rps pour la tente. Nous demandons où s'arrête le camping, afin d'éviter cette "taxe". "Il s'étend dans toute la montagne!" que le gars du coin, peu commode, nous rétorque. Là on se prend un peu de bec avec lui. Nous n'avons pas vraiement le même usage pour le mot "camping"...   Nous apprenons que, comme à Padamo, il a payé à la commune du coin, Kargiak, le premier village en aval, le droit de gérer l'endroit. Autrement dit, de faire payer pour chaque tente 100 rps, sans raison apparente, si ce n'est que nous dormons dans sa région. Car il n'y a aucune prestation offerte en échange. C'est une sorte de droit de passage. Histoire de se faire un peu de tune sur le dos des touristes qui souvent n'en sont pas au courant. Vu que la plupart des groupes font partie de tour organisé à l'avance et que ces bonnes poires à frique ne sont pas au courant d'où va leur argent. Quant à nous, ça nous dérange un peu de se retrouver en pleine nature himalayenne et de devoir payer pour y dormir... Ben voilà, c'est le prix à payer pour suivre un trekk hyper-touristique. Darcha-Padum-Lamayuru étant le trekk par excellence du Zanskar.

Nous apprenons par le guide d'un groupe d'allemands qu'il y a deux ans le prix était encore de 40 rps la tente. Et ben, ça augmente vite par ici... Je vous dis pas le prix dans cinq ans! Bon, à ce moment là, la route Darcha-Padum-Leh sera peut-être finie. Et ce trekk mort du coup. C'est le dernier moment pour le vivre. Avis aux amateurs...

Ok, nous acceptons, pas vraiement le choix. Surtout que le gars alcoolo est un peut obtu. Pourtant, un autre endroit aurait été plus approprié. Nous sommes réveillés durant la nuit par les vociférations de cet alcoolo notoire à l'encontre d'Ambo. A les entendre, ils sont bien bourrés et ça les rend un peu mauvais...

Le lendemain, samedi 18 juillet, le temps s'est couvert. C'est brumeux et une pluie fine prend place. Heureusement que nous avons fait la pass le jour d'avant pour la beauté des paysages avec les glaciers.

On se console en tombant nez à nez avec une belle fleur plutôt rare en notre petit pays montagneux.  
   

Nous découvrons rapidement qu'elle n'est pas seule et que le parterre en est remplit.

Hé Willie, t'as vu les edelweis??? Tu marche pas dessus au moins!!!

 

Nous descendons la vallée de la Lung Nak en direction de Kargiak, sous une pluie fine.

 

Le temps se dégage, et le soleil fait son apparition, éclairant le Gumburanjo. Une montagne sacrée divisant la Lung Nak vallée en deux. C'est un impressionnant rocher de plusieurs centaines de mètres de haut. Je dis "rocher", car ses falaises sont à pics et s'érodent peu. Contrairement à toutes les montagnes aux alentours qui sont teintées de multiples couleurs, vert, rouge, ocre, noir... Faisant penser aux montagnes au nord-est de la Turquie. Cette montagne sacrée est comme formée d'un bloc en soi. Pas besoin de nous dire qu'elle est sacrée, cette montagne, elle attire le regard rien que par sa beauté et dégage quelque chose de particulier.

Un peu plus loin nous rencontrons une doksa. C’est le nom des alpages s’occupant des troupeaux de yacks et parfois de chèvres. Ce sont les filles non mariées qui s’en occupent durant l’été.  

Nous y rencontrons une des soeurs d’Ambo. Il est passé la voire, prendre un peu de beurre et lait pour la maison, et surtout, boire un petit coup. Le campement est très rustique. Il s’agit d’enceinte de pierre, avec comme toit une sorte de jute tressée en laine de yack. Heureusement qu’il pleut peu par ici…

On nous invite à prendre un thé sous la tente.

 

 

Tout autour, les troupeaux de yacks.  

 

Les petits yacks sont rassemblés et attachés tout près, au coeur du campement, afin de les protéger et aussi pour limiter leur têtée pour récolter plus de lait. 

 

 

Salut le Yack!              Ci-contre, une baratte à beurre.

 
la bon lait de yack, tout frais

Après cette petite pause fort intéressante, on se remet en route.

A mesure que nous descendons la vallée, le Gumburanjo se révèle sous au travers de nouvelles couleurs, en regard des différentes coulées de rochers, chacune colorée d'une nouvelle teinte.  



:: Envoyer cet article