Mathias et Céline (Suisse & Italie)
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Mathias et Céline sont partis le 12 mai d'Yverdon en direction de la Mongolie à pied. Ce blog trace leur parcours en Suisse et en Italie

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17/09/2009 - Inde 24
Inde : chapitre 24

Samedi 18 juillet, nous descendons la vallée de Lung Nak.


On se prend à rêver...

En fin de journée, après avoir longé la rivière quelques heures, un chorten (prononcer "tchorten") se dessine devant nous. C'est une stupa tibétaine, un petit monument généralement blanc rappelant sa spiritualité à l'homme. Sa base est carrée, symbolisant la terre. Elle est le socle d'une sphère, symbolisant l'eau, puis d'une pointe symbolisant le feu, surmontée d'une demi-lune tournée vers le ciel symbolisant l'air et enfin d'un petit cercle symbolisant l'éther. Ces chortens, rencontrés à l'orée des villages, étaient généralement le réceptacle de petites statuettes comportant des restes d'os humain. Souvent des reliques de saints. Ce qui est encore parfois le cas. Il faut les contourner par la gauche, suivant la tradition. On peut même en faire plusieurs fois le tour si on le désire. Trois fois semble à propos. Dans le sens des aiguilles d'une montre donc. 

D'autres chortens apparaissent, et soudain le village se dessine devant nous. Une vingtaines de petites bâtisses blanches au toit plat recouvert de branchages et de terre. Toute l'agglomération entourée de beaux champs vert, grâce à l'irrigation humaine. Cette entrée au Zanskar, et la découverte de son premier village avec les chorten caractéristiques au monde tibétain est magique. Il n'y a pas de route, pas d'engin mécanique, pas d'électricité, juste le silence permettant une paisible découverte. J'ai l'impression d'entrer au "tibet" comme il y a 500 ans auparavant. Nous ne pouvions rêver d'une meilleur entrée en ce pays reculé. Les montagnes l'entourant et leurs hauts cols ayant protégé jusu'alors, cette région de notre société de consomation. Et la "civilisation" arrivant dans ce paisible berceau d'une culture en lien encore direct avec la nature n'a pas encore, semble t'il, atteint ce village reculé qu'est Kargiak. Ils cultivent leur propre moyen de subsistance. Ni plus, ni moins. Ils n'ont pas encore la notion capitaliste de produire plus pour vendre...

Arrivée à Kargiak

 

C'est tellement beau que nous y restons un jour de plus.
L'Orge pousse et le cycle dure 90 jours. Juste assez pour mûrir et nourrir ce peuple des montagnes.

Ambo nous invite à passer la nuit chez lui. Nous entrons dans un vrai labyrinthe de couloirs obscure au mur de pierre plus qu’apparente. Attention à la tête !!! Nous finissons par déboucher sur une pièce éclairée, la pièce commune, cuisine, salle à manger, salon et dortoir en même temps. La seule pièce chaufée, vu que le poêle est en pleine action pour le souper du soir. Nous faisons connaissance avec sa famille. Sa maman et ses sœurs.
Nous partageons notre nourriture et ses soeurs nous cuisinent les repas. Elles sont toutes contentes de pouvoir manger du riz. D'habitude ils ne mangent que de la tsampa matin, midi et soir.

Ambo avec son fiston Tsega et sa soeur Youdone aux loooooongs cheveux.

 

Nous découvrons la « sun-school » de Kargiak crée par une ONG tchèque. Super intéressant. Nous décidons de rester un jour de plus, profiter d’apprendre les us et coutumes de la région en discutant avec les européen travaillant à la sun-school. Nous rencontrons Onza, le frère du créateur de l’école et Tiago y enseignant bénévollement durant plusieurs mois. Cette école se chauffe grâce au soleil, en ayant tout un pent de mur incliné en plein sud. Du coup, elle peut ouvrir ses portes aussi en hiver. Le soleil chauffe suffisamment par ici, ce qu’avait révélé un serre construite une année auparavant comme test. Pour plus d'info, cf: http://www.suryaschool.org/ ou pour demander des infos info@surya.cz.

Nous apprenons que chaque village bénéficie d'un professeur indien payé par l'état. Mais généralement, ces enseignants ne vont pas à leur travail par ici. Ils préfèrent rester à la maison, tout en étant payé. Ben voyons!!! Ils se déplace seulement lorsque l'inspecteur d'état arrive. Bien que ce-dernier soit au courant de la situation... 

 

Le staff de l'école fait régulièrement des assemblées avec le villageois pour des décisions collectives concernant leur projet et aussi pour sensibiliser les villageois aux changements en perspective avec l'arrivée d'ici quelques années de la route.

L'inde a offert à chaque famille, dans ces régions reculée, une baterie et un panneau solaire. Ca fait partie du programme "électricité pour tous". Enfin, un truc du genre. Du coup, la première TV est arrivée cette année à Kargyak. Espérons que ce ne soit pas le début de la fin...

L'école domine le village. Willie admire le paysage.



Ce jour de plus nous permet d'aquérir une vielle jument, Marpo. Qui signifie rouge, vu qu'elle est rousse. C'est l'homme à tout faire de l'école, Lobsang, qui nous vend sa brave jument. Elle a 18-20 ans et plus toutes ses dents. Ses incisives supérieures sont pratiquement inexistantes. Mais ça n'a pas l'air de l'empêcher de manger. Bien qu'elle soit très maigre. Enfin, elle devrait suffir pour nos deux mois de trekk en ce beau pays du Zanskar.

 

Nous continuons toujours notre voyage avec Sabina, notre amie allemande, Ambo et ses deux chevaux, Marpo et Willie.

 

Chemin faisant nous rencontrons une caravane de mule chargée de bois. Depuis le temps, à Kargyak, il n'y a plus d'arbre. Ils sont entrain d'en replanter. Onza nous a expliqué que les poutres du toit de la "sun-school" on été transportées par des hommes sur la Chadar pass, la Zanskar gelée, durant l'hiver.


 

 

A chaque abords de village on peut admirer des pierres gravées d'insigne boudhiste sur de petit autel.

 

 

Les villages se succèdent, tous aussi beaux les uns que les autres, entourés de leur champs tout vert.

 

 

 


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