Mathias et Céline (Suisse & Italie)
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Mathias et Céline sont partis le 12 mai d'Yverdon en direction de la Mongolie à pied. Ce blog trace leur parcours en Suisse et en Italie

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30/10/2007 - Croatie 4

 

J85, samedi 4 aout… Les jours suivants, ils nous font visiter les merveilles du coin. Anna met la musique folklorique à fond et nous conduit dans divers endroits paradisiaques avec des cascades d’eau pure, des rivières scintillantes de pureté. Car dans cette partie de la Bosnie Herzégovine, les montagnes sont des réservoirs d’eau naturelle. Eux même vont remplir leurs bouteilles d’eau à la source! Nous visitons aussi un moulin et de leurs amis qui nous offrent a chaque fois un délicieux café turc.

 

Ils nous emmènent au sommet de la montagne proche de Mostar pour manger un plat traditionnel, fait de veau, salade et patates, délicieux. Puis nous visitons la fameuse ville de Mostar. Celle ou Ivo habitait pendant la guerre (pour ceux qui ne suivent pas, les coquins, cf J 63 sur l’ile de Pag en Croatie.) La ville se reconstruit lentement mais elle porte, encore bien visibles, les stigmates de l’impensable! Pour peu on entendrait les roquettes siffler.

 

Aujourd’hui encore s’y côtoient différents types de population: musulmans, orthodoxes et catholiques. Un pont aujourd’hui reconsrtuit, marque toujours la séparation entre cartiers musulmans et chrétiens. C’est dans ces ruelles que pour la première fois nous nous sentons propulses en Orient!

 

Apres environ trois jours, nos hôtes nous font comprendre précipitamment que nous devons lever le camp et nous accompagnent un bout pour reprendre la route. A Metkovic, ils nous déposent au bord de la route et nous partons, heureux de retrouver notre liberté. Le paysage est beau même si la route est très fréquentée. Il y a des mandariniers avec leurs fruits encore verts, ainsi que des orangers, pour moi c’est une première de voir "en vrai" de tels arbres. Quand enfin nous arrivons à trouver un sentier nous n’hésitons pas! Il grimpe bien et nous conduit à Slivno Ravno. Au sommet nous contemplons la vue depuis les ruines du château du même nom, puis nous trouvons un endroit où dormir.

J88, mardi 7 aout… Nous regagnons le bord de mer à Neum, puis nous décidons de passer la douane la plus proche pour regagner la Croatie, ce qui nous raccourcis pas mal le parcours. Le seul hic est que cette douane est réservée seulement aux gens du pays, nous n’avons aucune garantie... On y va, je la sens bien. C’est payant car des deux cotes de la frontière nous trouvons des policiers agréables et sympathiques. Il fait une chaleur torride, et un policier croate stoppe même la voiture d’un ami afin qu’il nous donne sa bouteille de Schweppes. Puis, il nous indique un endroit à l’ombre, ou nous attendons assis que son acolyte croate arrive. L’autre lui expose notre histoire, nous lui parlons quelques mots de croate au jeune homme qui se nomme Darko. Celui-ci se dit impressionné de notre projet et du parcours effectué, il parle bien l’anglais ce qui facilite la communication. Finalement, il fait une exception et nous laisse passer. Trop cool, dans la vaine les portes s’ouvrent bel et bien quand on en a besoin! Par monts et par vaux nous continuons notre chemin, heureux et gazouillant. Pic-nic à l’ombre d’une forêt de pins, la petite route est peu fréquentée et nous emmène jusqu’à un magnifique point de vue assez haut. De la nous trouvons un endroit pour dormir.  

 

 

08-12.08.07 De Slano à Debeli Brijeg (J 89 – J 93)

J89, mercredi 8 aout, nous reprenons cette même route toujours aussi vallonnée et parfois incrusté à même le bitume, nous trouvons des bouts d’obus ou des cartouches gros calibre (charmant...). Le chemin passe en plein milieu d’une carrière en fonction, que nous traversons. Puis nous arrivons à Slano, charmant petit village de bord de mer, malheureusement défiguré par un immense et hideux complexe hôtelier en construction. Nous ne nous attardons pas, les gens n’étant guère sympathiques, pour ne pas dire antipathiques! Nous remontons sur nos monts par un chemin traversant un village ou d’un coup les gens recommencent à nous saluer. Bonne augure! C’est un peu plus loin que l’on se retrouve au milieu d’un pré bucolique. Là, au sommet, je m’assois et pour la première fois du voyage je ressens ce qu’on doit appeler le mal du pays. Cet endroit ou un berger fait paitre son troupeau de brebis, me fait penser avec une pointe de nostalgie à nos pâturages, au Jura....C’est un peu plus loin que nous goutons aux meilleures figues de Croatie et a nos premières amandes.

J90, jeudi 9 aout, le ciel est couvert, une grasse matinée est donc la bienvenue! La route secondaire nous amène à Trsteno. Au milieu de la place du marché se trouve un platane vieux de plus de 600 ans! Il faut se mettre à plus de 4 pour en faire le tour. De là nous continuons par un super petit sentier qui longe la côte en hauteur, loin du trafic et du bruit. On s’empiffre de raisin sauvage et de mures. C’est sur le chemin menant à Zator, que nous campons. Demain, nous montons a Dubrovnic!

 

J91, vendredi 10 aout… En pleine nuit le bruit de la pluie nous tire soudain de nos songes. En un rien de temps, nous rassemblons nos affaires slips et chaussettes à l’abri sous la tente. Fausse alerte, car à peine les choses rentrées, la pluie stoppe. Le réveil a sonné à 5h, mais on n’a pas bougé. C'est à 7h qu'on arrive à se mettre en route...La ville est proche mais de la il n y a plus aucun chemin, seulement la magistrale.

Nous décidons d’y aller en bus, car les entrées de villes sont parfois désagréables! Nous montons dans le bus un peu stressé par le chauffeur, quand, à mi-parcours Mathias se rend compte qu’il a oublie son épaulette en chargeant le carrix dans la soute. Mamamia, que faire? Retour à la case départ, Mat fait du stop et revient une heure plus tard tout triomphant, l’épaulette en main. De la gare des bus, nous continuons à pied jusqu’au centre de la vieille ville. Endroit magnifique, mais hélas trop peuplé et impraticable avec le carrix en ces jours chauds d'été. D’en bas, nous admirons la célèbre muraille qui entoure toute la ville. Chacun notre tour, nous prenons le temps de visiter et découvrir ce centre historique. Nous prenons une incroyable vieille route squattée par des dizaines de chats et déjà les dégâts de l’incendie qui a eu lieu dernièrement deviennent visibles.

 

Ils sont conséquents, sur pratiquement 40 km. Une odeur acre plane et les beaux champs d’oliviers ne sont malheureusement plus qu’un souvenir. A ce sujet, chacun a sa version des faits: pour les uns ce sont les Serbes qui ont créé ce désastre car ils revendiquent sans succès Dubrovnik, pour les autres ce sont des promoteurs immobiliers peu scrupuleux qui ont bouté le feu. Le feu a semble-t-il débuté de l’autre cote de la frontière et certains disent que les Serbes n’ont rien fait pour le stopper. En tout cas on ressent comme jamais avant une certaine animosité envers ce peuple. Il fait rapidement nuit, et nous voici forces de dormir en ville. Dans un parc pour enfants a proximité d'une clinique médicale car pas de champs et d’endroits cachés en vue. Le feu ayant tout détruit.

J92, samedi 11 aout… On ne tarde pas à se lever, il est 7h est déjà les gens arrive à la clinique. On a visiblement dormit dans un jardin prive d'une clinique médicale. Nous allons à l’office de tourisme de Cibaca pour nous renseigner sur le Montenegro. La jeune femme y travaillant semble ne pas vouloir nous en parler. Puis elle nous explique qu’à cause de la guerre, sa jeunesse a été pour ainsi dire ruinée. Qu’un matin alors qu’elle avait 18 ans, les chars d'assaut on débarqués de l'autre cote de la montagne, et sans aucun motif, ils ont commence à tuer les gens. Elle ne veut pas entendre parler du Montenegro, peuple entre autre par des Serbes.

Tôt le matin, vers Mlini, nous profitons encore une fois de nous baigner sur une magnifique plage de galets. Je dois me prendre par les mains pour sortir de l'eau tellement on y est bien... On reprend la route qui monte le long de la cote jusqu'a Zvekovica. De Zvekovica nous prenons une petite route menant à Pridvorje. Une belle vue sur une grande plaine se dessine. Les figues sont excellentes par ici... Vers la fin de la journée, on monte un petit chemin pour chercher un coin ou dormir. Des enfants nous indiquent un endroit pour la tente. La tente plantée, une fille revient avec un sac plein de raisin et de l'eau fraiche. Mmmmh nos estomacs en sont tout réjouis. C'est le meilleur raisin qu'on ait mangé... Du coup pas besoin de cuisiner ce soir là. On a pu faire notre cure de raisin.  

Dimanche 12 aout 2007… 93 jours de voyage, nous fêtons nos trois mois de marche.

Mathias : On prend le temps de se lever, il est dimanche et avons besoin de nous reposer... Au magasin on a juste le temps d'acheter le repas de midi que déjà il est envahit par une foule qui vient acheter à boire au sortir de la messe. Que d'animation... On reprend notre chemin. La frontière du Monténégro se rapproche a grand pas sur une petite route sinueuse à flanc de cote de colline. Au loin on a vue sur l'aéroport près de Dubrovnik. Quand soudain il pleut, on n’avait pas revu la pluie depuis presque un mois et demi. Mais on n’a pas perdu les reflexe pour autant. En une deux on sort les pèlerines et allons nous abriter au prochain arrêt de bus.

30 min plus tard on peut repartir.... Ca va, ce n’est pas encore les inondations par ici! Après deux heures de route, on entant un curieux animal beugler à la mort dans les taillis. On y découvre une vache les quatre fers en l'air, agonisant. Elle est visiblement tombée d'un talus et s'est mise en mauvaise posture dans les arbres. Elle est sur le dos et n'arrive pas à se retourner. Céline la veille et je vais chercher du secours au village. Le temps de revenir, je retrouve Céline en pleure, la bête ayant rendu ses derniers soupirs à ses pieds... C'est le drame. Le propriétaire arrive avec sa femme et tente de la ranimer ne voulant pas accepter la mort de l'une de ses deux vaches. On comprend que c'est une lourde perte pour lui. Je me sens mal... Je n'ai pas couru le risque de la retourner craignant un coup de sabot... Je ne pensais pas que sa mort était si imminente... Fort heureusement les voisins nous invite à prendre le thé pour nous remettre de nos émotions... Ouf! Pas évident comme aventure... Apres 2h de discussion et muni de plein de produit frais du jardin la fille nous amène en voiture a la frontière 2km plus loin, comme il est déjà 18h. Au passage, on croise la vache égorgée que l'on monte dans un camion... Brrrhh ça laisse un frisson...

Céline : Nous suivons une route calme mais fréquentée par pas mal de petits serpents, genre caméléon, qui, à chaque fois, me donnent la chaire de poule quand je les vois à un mètre de mes pieds! Journée forte en émotion, car nous tentons un sauvetage de vache qui malheureusement n’a pas été concluant! Voyant l’animal trépasser devant mes yeux, je reste en pleur et choquée. Réconfortés et débriefés par des voisins qui nous offrent le café et de la tourte-maison, nous reprenons la route plus sereinement. Ces gens nous mettent toutefois en garde, au Monténégro ne faites confiance a personne ce sont des Serbes, blabla...Nous passons alors la douane à Debeli Brijeg.

Voici comment finit notre périple en Croatie qui aura dure 40 jours. 

 

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