Mathias et Céline (Suisse & Italie)
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Mathias et Céline sont partis le 12 mai d'Yverdon en direction de la Mongolie à pied. Ce blog trace leur parcours en Suisse et en Italie

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1/11/2007 - Grece3

Suite de notre périple en Grèce, 3ème volet

En Grèce les gens savent prendre le temps. C’est surtout pour discuter entre amis et boire un verre. Ou aller manger dehors. L’été ils sortent pratiquement tous les jours pour manger sur des terrasses. Les rues sont beaucoup plus habitées que chez nous. Au centre de Serres il y a des tavernes à Souvlaki dans tous les recoins. Ce sont des petits restaurants où la spécialité est les grillades. Des brochettes, boulettes de viandes hachées ou des sortes de merguez. Il les mangent avec du pain, des pommes frittes et une multitudes de salades. Il y a la Tsatsiky, yogourt nature avec concombre et ail. Le Taramasalata, œuf de poisson mélangé à de la mie de pain, de l’huile et du citron. Du caviar d’aubergine, aubergine écrasée avec ail et citron. La salade grecque traditionnelle avec tomate, concombre, oignon, huile d’olive et fêta. La salade de choux hachés, carottes râpée. Et autres…

Pour ce qui est des plats principaux ils ont vraiment une bonne cuisine. Assez grasse, mais comme disait mon grand-père, « C’est pas gras l’huile d’olive ! ». Il y a la fameuse moussaka, sorte de lasagne. Mais à la place des pâtes on y met des tranches d’aubergines et des patates. Les feuilles de vigne farcie avec riz et viande hachée. Et tant d’autres… Quand aux pâtisseries, ils n’ont rien a envié à d’autres pays. Les boulangeries et confiseries sont remplies de bon petit dessert. Au niveau des boissons ils ont de très bon vin. Mais ils ont plus tendance à les boire que leur donner des appellations. Avec une telle cuisine on comprend qu’ils sortent souvent manger dehors. Bien que dans les ménages les femmes sont de très bonnes cuisinières. On ne fait pas encore beaucoup de surgelé par ici !

Manger et aller boire des verres reste une de leur activité principale. Avec une telle gourmandise, la sieste du début d’après-midi est une tradition. Le travail débute vers les 8-9h. Il commencent leur pause à 2h, mange et font la sieste. Puis les magasins ouvrent à nouveau vers les 6h jusqu’à 9h. La Grèce est un très beau pays. Bien ensoleillé, avec une grande côte sur la mer. Et de nombreuses îles. Ce qui explique que les grecques voyagent très peu hors de leur contrée.

Il y a aussi une tendance à se sentir un peu le centre du monde. La Grèce étant le berceau de la démocratie, philosophie, mathématique, rhétorique, jeux olympique et autres. Pour ne citer que les plus célèbres disciplines y ayant vu le jour. Il paraît que le cerveau grecque est un computer plus élaboré qu’ailleurs. Céline n’est pas trop d’accord avec moi, évidemment !

En tout cas l'hospitalité, il connaisse bien. Durant ces deux semaines, jamais nous n'avons réussi à payer de notre poche. Et c'est pas faute d'avoir essayer. Nous avons aussi reçu pleins de petits cadeaux. Et même d'inconnu dans la rue. Les grecques sont très généreux. Par contre ils ont de la peine à recevoir et se sentent un peu géné lorsqu'on leur fait un cadeau.
A part notre plaisir à manger, nous avons beaucoup nourrit le blog durant ces deux semaines. Divers achat pour la préparation de la suite de notre voyage nous ont aussi prit beaucoup de temps. L’hiver arrivant et la Turquie étant un pays difficile il faut bien se préparer. Nous avons également fait des plaquette nominative pour Skadar et Willie qui nous ont été gracieusement offerte. Néanmoins cela fait déjà une semaine que l’on pense partir. Chaque jour on pense partir le lendemain. Mais voilà, ici les choses prennent plus de temps. C’est le revers de la médaille.

Céline est impatiente d'affronter les routes de Turquie avec ses nouvelles chaussures!

Qu’importe. La gestion du temps c’est ce que l’on apprend au travers de notre voyage à pied. C’est qu’en on est pratiquement près qu’on commence a habiter pleinement le lieux. Difficile aussi de partir au froid et vers l’inconnu et l’incertain. Le départ est une nouvelle mort à chaque fois. Et là, avec Turquie et hiver à l’horizon, la petite mort du départ est devenue un peu plus importante. Rassurer-vous, l’envie de liberté et de découverte ne s’est pas éteinte pour autant. Nous sommes bien décidé à partir demain matin. Nos animaux commencent à s’impatienter et nous aussi. En route donc vers une nouvelle renaissance !

 

 

Départ de Serres

Du mardi 6 novembre ( J179- J185) au mardi 13 nov. 2007

J179"Leaving Serres" pourrait être le titre de notre film, car on y a vécu pleins de chouettes petites histoires, mais l'appel des sirènes etait plus fort. Après une ultime soirée chez Costas et Giotis, une dernière mise à jour du blog, on se couche sachant que DEMAIN ON Y VA!

Réveil à 7h 45 , on court prendre le bus direction la ferme à Nick. Une heure plus tard, tout le packetage est prêt! On boit un thé, offert par le patron du bistrot des poissons, un ami à Nick. Il nous donne des derniers conseils sur la route à prendre pour quitter la ville. Son fils nous informe que l'on peut prendre une route parallèle à la principale, qui est en fait l'ancienne route. Au revoir!! Skadar se remet bravement en marche, chargé d'un énorme carton de nourriture que la famille nous a gentiment donné. Une pleine bouteille de tsipouro, sorte de grappa-maison très forte, agrémentée de plein d'herbes et plantes , selon la recette personelle de chacun. Mis à part ses propriétés désinfectantes, "il paraît que c'est excellent pour se frictionner la poitrine en cas de refroidissement "nous conseille gentiment Nikos. OUCH Skadar, ça veut dire YAAAAA en albanais!

   

A midi , quand nous prenons la route, il fait grand beau. On est en T-shirt. Nous passons par Chiro, puis Pentapoli. Skadar avance un peu moyennement et il commence à se faire tard. Vers 17h, on se pose dans un mini pré en bordure de champs à côté d'un rucher. Hé oui, la nuit tombe maintenant vers 17h-17h30. Ce qui nous raccourci pas mal nos heures de marche.

J180 On a couplé nos sacs de couchage et malgré la température n'avons pas eu froid. Par contre La tente est trempe à l'intérieur, à cause de la condensation (on peut quand même pas dormir en apnée). Heureusement, le soleil se pointe vers 9h30 et finit le séchage. Skadar n'avance pas trés bien aujourd'hui...mais nous sommes de bonne humeur. Nous pouvons continuer à longer la grand route direction Drama. Ce qui nous gagne pas mal de temps car c'est direct et il n'y a pas de traffic. A Gazoros, le système ne fonctionne plus car il n'y a plus de parallèle. Au passage, nous admirons la montagne de Menikio, qui culmine à 1963m.

A la sortie du village une jolie chienne, genre croisée avec un husky qui ressemble un peu à un loup, joue avec Willie et commence à nous suivre. Quand on veut la chasser avec une pierre elle revient et ne nous lâche plus. On ne peux quand même pas la garder, un chien oui, pas deux! Si on ne la caresse pas et on ne la nourrit pas, elle va se lasser et partir qu'on se dit. Dès que c'est possible, nous prenons un chemin passant par les champs, la route, non merci! Ce qui nous amène à longer une fôret de pins et de cyprès pour arriver à Néa Zihmi situé sur une petite colline. Il est 17h, c'est l'heure! En quelques secondes, nous avons crû perdre Willie. Je le tenait en laisse et il est allé dire bonjour à un molosse, genre Pit Bull, se promenant à côté de son maître en scooter. La suite: le chien lui a sauté au cou et ne l'a plus lâché et Willie se tordant dans tous les sens, mal pris. Le maître ne réagissant pas, on a commencer à crier a essayer de les séparer. Rien à faire, et Willie à terre cuinant de douleur. Le maître, toujours rien, et Willie qui risque de se faire égorger. J'ai commencé à taper le molosse avec mon bâton, comme si je pissais dans un violon, Mathias lui donnant quelques coup de pieds, quand enfin le gars a réagis. Choquée j'ai serré Willie le croyant à demi-mort. Il saigne un peu mais heureusement pas trop de mal. Sur ce, un gars du village qui a vu notre mèsaventure, nous demande où on va passer la nuit. Il dit à Mathias de le suivre et nous trouve un bon plan pour la nuit.

Dans un petit cabanon-bureau de la commune, où il y a un poêle à mazout, une radio et l'éléctricité! Super, une bonne bouffe au chaud en écoutant la musique grecque, rien de tel pour nous remettre de nos émotions! La chienne est encore là, grellotant de froid. Par pitié, on lui planque quelques croquettes l'air de rien . Le gars du village revient avec une pleine botte de trèfle et de l'avoine pour Skadar, sympa. Il nous a vu à la Télévision.

J181 Réveil à 6h, départ à 8h, quel record! La chienne est encore là. Grand beau mais ventu. Nous prenons les petits chemins par les champs. Au loin, Pangéon à 1956 m, montagne comme point de référence, que nous devons contourner par la gauche.

Nous croisons multitudes de paysans sur leur tracteurs, passant la herse ou tournant la terre. Nous cheminons vallon après vallon. Ca monte , Skadar accelère, ça descend, il freine pas peur de glisser. On a pas l'impression d'avancer très vite. Vu la nourriture que nous avons reçu pour l'âne, Mathias a remis un sac sur son dos. On est un peu dans la gadoue, mais Skadar est brave.

La chienne cherche la contact et son museau frôle souvent note main. Nous faisons un détour pour redescendre sur la vallée et prenons la route parallèle à celle en direction de Kavala. Puis la route principale et décidons de tenir la petite en laisse. Faisons une pause repas à la fin du village de Pekozéa ou un nom du style. Un gars en tracteur nous salue. Il dit que c'est super, que l'on vit une "peripetia". Il revient plus tard avec des bièrres et nous invite pour un thé. Nous finissons par rester dormir dans sa deuxième maison. Il s'apelle Stratos et est maraîcher indépendant. Le soir il joue du bouzouki dans un bar du village. Pour communiquer, on se bébrouille avec notre petit vocabulaire grec acquis depuis notre entrée dans le pays et notre lexique.

J182 Après un café avec Stratos, nous partons à 9h. Une belle journée qui s'annonce! Nous arrivons à Angista par les petites routes secondaires. Puis après le village une seule grande route. Skadar trotte malgrès les montées. On a enfin l'impression d'avancer et on retrouve une petite route allant sur Kormista. Acceuil chaleureux dans un village sur la route. Nikos nous invite à boire un verre , à manger, à prendre une douche...et si on était resté, sûrement qu'il nous aurait hébergé. Sa femme m'offre un vieux manteau pour me tenir chaud.

Mais l'envie d'avancer nous redonne l'élan et on reprend la route. Vue magnifique, sur la plaine, il est 16h30 et déjà la lumière décline...

Chemin faisant, la chienne a trouvé un crâne de chèvre avec ses deux corne et ne le quitte plus...

Nous arrivons à Nikisiany dans la nuit noire, cherchant un coin où faire dodo. Après avoir tourniqué un moment et demandé sans trop de succès, une fille nous indique un super marché avec un avant toît en cas de pluie. On y va et l'équipe de caissières, boucher .. nous acceuillent bras ouverts. Ils nous ont vu à la TV et chacun leur tour, Ils nous donnent les restes de viande pour les chiens et à manger et quelques bières à boire. Ca fait chaud au coeur!

 

J183 à J186, du samedi 10 novembre au mardi 13 novembre
Nous sommes réveillé par le livreur de pain à 5h. Il ne sait pas où poser ses deux gros sacs de pain nos deux chiens salivant à leur vue. Nous lui faisons signe qu'il peut les déposer derrière la tente.
Un peu de repos encore et nous nous levons 1h plus tard. Paquetons le tout. Il faut se dépêcher, le magasin vient d'ouvrir et les clients commencent à arriver.
L'équipe du magasin est nouvelle. Réexplication et téléphone arabe. Ils sont tous étonné par notre voyage et nous souhaitent bonne chance à tour de rôle en nous offrant croissant au chocolat, chocolat froid, pain,... En tout cas, si vous êtes voyageur et n'avez plus rien à manger, allez camper devant un supermarcher! On nous a offert pour deux gros cornets de nourriture.
Il pleut des cordes et attendons sous le couvert que l'orage passe. Ne voulant déranger plus longtemps nos hôtes et leur commerce, nous nous remettons en route sous une bonne pluie. Nous avons bâché notre charette et mis la pélerine à Skadar.
Un peu plus loin, la tempête redouble. Il pleut des trombes d'eau et souffle à décrocher les branches d'arbre. Les chiens rechignent à avancer sous cette pluie. Des coups de tonnerre nous entourent. Pas facile d'avancer. Malgré nos pélerines, nous avons les jambes, pieds et chaussure trempes après 1h30 de marche. Nous décidons de nous arrêter au premier abri trouvé, un toît pour machines agricoles. Heureusement, ayant gardé nos anciennes chaussures, nous avons une deuxieme paire de soulier .
La tempête calmée nous poursuivons notre périple. Une crevaison de roue plus tard, en fin de journée, nous passons devant un grand hangar en construction qui pourrait être un bon abri pour la nuit. Quoique le fort vent fait vrombir les tôles... Pas idéal pour un bon sommeil.
Comme par miracle, un chauffeur déjà rencontré sur la route le jour précédent nous propose une douche et de nous héberger pour la nuit dans sa maison au village d'à côté. Juste avant Elefteroupoly. Quelle aubaine!
Une fois le bohler chauffé par un bon petit feu, nous pouvons nous réchauffé sous une bonne douche chaude. Mmmh quel bien cela nous a fait!
Nikos, notre hôte, a racheté la maison parentale. C'est une sorte de petite ferme entourée d'une vrai broquante. Partout sont entassé pelle melle, une quantité incroyable d'objets éteroclytes. Au milieu de ce fourbit trois petits chats et leur maman, des poules, deux chiens. Avec les notres, une vraie ménagerie.
Il nous invite au resto. du coin. Il se réjouis d'être à la retraite dans 8 ans et de partir sur les routes avec une diligence. L'idée lui est venue après avoir vu un reportage sur un belge bénéficiant de l'aide sociale et parcourant les routes avec une roulotte tirée par deux chevaux et entouré de poules et de canard. C'est pourquoi il est fort intéressé par notre voyage. Il est d'origine turque. Comme tout le village. Après la 2ème guerre mondiale, des populations turques à passé grec, ont été expatriées de la Turquie vers la Grèce. C'est le cas pour la majorité des habitants du coin. Il est retourné plusieurs fois dans son village d'origine sur la côte de la mer noire. Et en connaissance de cause, il nous conseille de passer l'hiver en Grèce. Pour éviter les vents glaciaux et pluie abondantes et la neige sur les bord de la mer Noire en Turquie. A réfléchir...
Le lendemain nous pensons partir, le ciel est découvert. Mais Céline freine un peu le mouvement. Elle remet en doute le voyage ayant mal supporté le froid ces derniers temps. De fil en aiguille nous restons un jour de plus et profitons de fabriquer un anoraque-sac-de-couchage pour Skadar. Le jour suivant rebelotte et dormons une troisième nuit chez notre hôte.
La question se pose vraiement. Restons nous ici 3 mois à attendre la fin de l'hiver? Cela permettrait d'éviter le froid et les pluies en Turquie, et le chaud en Iran. L'hiver suivant serait sur la fin de l'Iran et donc plus supportable. Par contre nous arriverions en pleine moisson en Inde... Mais c'est encore si loin. Nous sommes restés un jour de plus pour téléphoner aux ambassades pour les questions de visas. Ca semble ok pour la Turquie et l'Iran.
Est-ce une hésitation passagère, la crise des 6 mois de voyage (6 mois déjà depuis le 12 novembre) ou un choix salutaire de rester cet hiver en Grèce?
Vous le saurez dans notre prochain compte rendu! D'ici là tout de bon à vous chère lectrice et cher lecteur

Cliquer sur le drapeau suivant pour savoir quel a été notre choix.


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