Mathias et Céline (Suisse & Italie)
Qui suis-je ?

Mathias et Céline sont partis le 12 mai d'Yverdon en direction de la Mongolie à pied. Ce blog trace leur parcours en Suisse et en Italie

Derniers articles
Menu
Mes amis
Liens


Billet 129 sur 162
Page précédente | Page suivante

24/05/2008 - Turquie 8

 

Turquie 8


Par ici, vers Tavas, les paysans cultivent beaucoup le tabac. Souvent nous passons au bord de grand champs dans lesquels travaillent quelques personnes semblant perdues au milieu de ces grandes étendues et semblant crouler sous l'énormité du travaille!

 
 

Nous sommes le 23 mai, Tavas est une ville de plusieurs miliers d'habitans, ses alentours nous semble peu hospitalier. Nous forçons l'allure et gagnons à la nuit tombée le village de Pınarlar.

 

Nous déboulons sur la place du village entourée de ses nombreux cafés. Les autochtones sont tout étonnés par notre arrivée. Rapidement ils nous aident. Nous pouvons loger dans une pièce réservée pour l'hospitalité et on nous offre le repas dans un bistrot. Nos animaux se retrouvent logé dans une écurie.

 Aujourd'hui, samedi 24 mai, après un copieux déjeuner chez un habitant du coin parlant allemand ayant travaillé plusieurs année en Allemagne, comme beaucoup de turcs, nous partons de Pınarlar direction la montagne. Rapidement un beau paysage s'offre à nous.

 
 

Nous arrivons à Kızılca  (Cf http://kizilca.gen.tr/), un village se trouvant à l'orée d'un grand plateau dans la montagne, à 14 jours de marche de Konya. Les villageois nous invitent à prendre le thé sur la place du village. Nous sommes en milieu d'après midi et profitons de l'invitation pour nous reposer. nous passons ici la nuit.  

Demain les villageois de la région font une cérémonie, une prière pour la venue de la pluie donnée par plusieurs Imam. Il y aura près de  2000 personnes. Ce soir des mets dans d'énormes casseroles de plus de 100L mijottent pour le repas en commun de demain. Cette cérémonie se déroulera dans un champ en pleine nature. Ca me fascine de pouvoir assister à de tel tradition toujours aussi vivante. Je me réjouis de pouvoir y assister demain.  

 
 

 

 

Ramazan et son ami, deux jeunes hommes parlant allemand nous font la visite du coin. Ramazan en profite pour nous montrer un bébé sanglier qu'il a récupéré. Les chasseurs ayant abattu sa maman dans les montagnes aux alentours.

Figuré vous que ces deux jeunes gens s'imaginaient voyager dans la contrée avec deux ânes. Les gens du coin avaient bien rigolés avec leur histoire saugrenue. Du coup ils avaient abandonné leur projet. Mais en ayant vu débarquer notre "caravane", ils pensent bien le réaliser dans un proche avenir! 

En fait pas autant de monde que cela à cette cérémonie, mais ce fut très sympatique d'y participer en compagnie du maire.

Céline a fait connaissance avec plein d'enfant du coin. Ils l'on emmenée vers les glaces. En fait ils raclent un gros bloc de glace et l'arrose de sirop. 

 
 

Sur ces hautes plaines les paysans cultivent beaucoup les poids-chiches. La spécialité du coin, c'est les poid-chiches grillés.

    

Lors de notre descente dans la plaine suivante, nous rencontrons trois joyeux lurons qui nous invitent à partager leur pique-nique. Très sympatiques. Il nous invite à dormir dans leur village, mais vu l'heure nous préférons poursuivre notre route. Bientôt deux mois que nous sommes en Turquie. Et si l'on veut rejoindre le sud de l'Iran avant l'hiver, nous devons avancer. Actuellement nous essayons de faire 30 km par jour. Pas toujours évident pour nos animaux. Mais nous y arrivons gentilment.

 
 

Il fait chaud ces jours. En plein soleil, il fait bien 40 degré. Déjà... Mathias se drape de tissus pour se protéger du soleil. Sa barbe n'est pas encore assez grande!

Notre caravane, malgré ces grandes chaleurs continue sa route...

 
   
 En ce moment c'est la saison des foins et des récolte des premières céréales. Nous sommes fin mai!
 
 
 

Dans un village, nous sommes invités à manger un vrai festin. Le fils part à l'armée pour 18 mois.  Il y a même des filles en costumes locaux qui sont arrivées pour danser et mettre l'ambiance.

 

Nous passons par Karahuyuk et arrivons vers Salda Köy. Il est trop tard pour poursuivre. Nous nous dirigeons vers le village pour trouver endroit où dormir. Nous croisons une vielle dame tirant son âne chargé de bois et feuille morte de peuplier. Les ânes adorent manger ces feuilles sèches. Chemin faisant nous échangeons quelques mots et finissons par comprendre qu'elle nous invitent à passer la nuit chez elle. Zeynep a 73 ans et encore pleine d'énergie. Sont visage est tanné par le soleil et très marqué par sa vie de labeur.

Cette fois nous dormons chez des "vrai de vrai"! Ce couple de vieux à quatre enfants, tous partis sauf la dernière, Selda, une enfant mongole de 30 ans qu'il ont à charge. Pas évident. Mais ça met de la vie dans leur maison qui est une vraie brocante...

 
   
  
Le lendemain, le mardi 27 mai 2008, nous continuons notre route et découvrons les abords du lac Sadar. Magnifique. Ce lac est très riche en sodium, d'où la nature désertique et presque lunaire sur son rivage.
 
Nous passons par Yesilova. Nous traversons ensuite une grande plaine de champs. Il fait chaud et ne voyons pas le boud de la route... Nous finissons par trouver l'ombre d'un arbre pour nous abriter du soleil et pique-niquer. Il est 16h.

Un jeune ayant bu quelques bières débarque et vient faire causette... Il est un peu brusque avec les animaux, mais pas méchant. Nous sentons néanmoins qu'il vaut mieux ne pas le contredire... Il nous propose de nous offrir l'hospitalité dans son village plus loin sur la route... Nous lui répondons que nous ne savons pas encore où dormir... Pensant que ce n'est pas sûr comme plan. Enfin il repart et nous pouvons tranquillement reprendre la route. La nuit tombe et nous arrivons d'un village. C'est Harmanlı. Et voilà que notre ami biéreux débarque sur son tracteur. Là, difficile de refuser son hospitalité. Ok, nous le suivont. Pour nous rassurer il nous présente son ami Imam qui nous fait la visite de sa mosquée. Puis il nous présente à sa famille qui nous sert un vrai festin. Le meilleure repas depuis que nous sommes en Turquie. Nous découvrons la pâte de graine de pavot sucrée. Délicieux! Nous ne regrettons pas d'avoir accépté son hospitalité!

 
Le lendemain nous passons dans une forêt de peuplier. Nous pique-niquons à côté d'une fontaine. Plusieurs caléches passent et s'arrête, curieux et étonnés à notre vue. C'est un vrai meeting-point de charette par ici!
   
 

 Ici en Turquie, il ne semble pas y avoir autant de lois qu'en Suisse au niveau de la circulation... Et parfois nous croisons d'étonnant chargement!

Ce soir là nous arrivons tard, à la nuit tombée à Karakantköy. Un village au bout du lac de Burdur. Au loin les lumières de cette citadelle cintilles. Le Muktar nous invite à camper dans son jardin.
Le lendemain nous longeons le lac et pouvons déjà admirer les premiers champs de rose rencontré. La culture des roses est une spécialité de la région. Nous libérons le chien, ne voyant pas de troupeau. Bien mal nous en a pris. Le chien a tout d'un coup disparu et un orage menace. Nous partons à sa recherche dans la montagne avoisinante. Mince, des chèvres par ici... Nous espèrons qu'il n'a pas été en mordre une ou même pire, rencontré un de ces énormes chien de garde tel Kangal ou Çorban.... J'entend des cris du côté d'une bergerie et accours. Je vois de gros chien et un berger. Il m'indique du doigt où je peux trouver Willie... J'imagine déjà le trouver tout ensanglanté vu l'air peu commode de ses chiens. Surtout d'un énorme Çorban. Gros comme un petit veau et très argneux! Ouf, je découvre Willie en vie, planquer sous un buissons. Mais plein de sang autour de ses babines... Le berger me conseille de partir, je lui demande qu'en même de contrôler ses moutons et chèvres, avant de partir. Là dessus il réalise que notre chien aurait pu s'attaquer à une de ses bêtes et me fait attendre. Le temps se dégrade, quelques éclaires et des gouttes commencent à tomber. Histoire de rendre la scène plus obscure encore... Heureusement, toutes les bêtes sont présentes à l'appel. Nous pouvons enfin continuer notre route, avec Willie bien attaché!
 

Le jour suivant nous croisons de plus en plus de champs de rose. Des camions nous dépasse, enbaumant la rose... la rose de Damas. Quelle senteur!

Cette année, contrairement à la précédente, la récolte est très bonne. Le kilo se vend 2 Ytl (2 Chf).

Nous profitons d'une pause pour visiter une des cinq principales fabrique d'essence de rose. Là il traite 70 tonnes journalièrement durant la saison qui dure un mois et demi. Impressionnant. Il faut 4 tonnes de rose pour produire 1L d'essence de rose. Il fabrique aussi de la "rose concréte" par distillation avec du benzan je crois... Alors que l'essence de rose est distillée  avec de l'eau. Mais la rose concrète est un sous produis qu'il retravaille pour former de la "rose absolue" durant l'intersaison. Nous sommes d'ailleurs dans la plus grande fabrique de rose absolue au monde. Le produit étant peu courant.

 
                     
 

Les jours suivant nous continuons notre route par Gönen et Hatabey ou nous nous arrétons plus tôt que prévu dans la journée pour des raisons de pluie.  

Nous passons ensuite un col pour redescendre sur le lac d'Eğirdir, vue magnifique! La ville, avec sa grande presqu'île, commence à se découvrir sous nos yeux. L'eau du lac est d'un bleu turquoise.

Nous passons la nuit à côté d'une station service vers la sortie de la ville.

Au matin le maire vient nous trouver. Il nous apprend que le lieux était déjà habité il y a 7000 ans. Impressionnant!  

 
 
 
 
 

:: Envoyer cet article