Mathias et Céline (Suisse & Italie)
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Mathias et Céline sont partis le 12 mai d'Yverdon en direction de la Mongolie à pied. Ce blog trace leur parcours en Suisse et en Italie

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14/06/2008 - Turquie 9

Turquie: 9ème épisode


Nous quittons le lac d'Eğirdir pour franchir les montagnes de Dedegöl. Comme d'habitude, dès que l'on prend de la hauteur, les paysages deviennent vite très beau. Nous retrouvons plein de champs de rose par ici. Avec leur bonne senteur. Nous atteingons par une petite route le village de Sarıidris. A l'entrée du village nous faisons boire nos animaux à la fontaine. Et rapidement des villageois viennent nous aborder. Entre autre Ömer, l'ex-muktar du village, qui nous propose le thé et de nous héberger. Nous nous retrouvons avec toute la famille. Il a huit enfants et sept frères et soeur. C'est une grande famille...  

 

Le lendemain il nous accompagne pour nous indiquer le bon chemin à prendre. Nous appréhendons un peu, car ce n'est pas un chemin très sûr.

   

Il y a surtout beaucoup de bergers avec leur troupeau et donc de gros chien de garde. Entre autre des Corbans peut commodes. En nous quittant Ömer nous fait ses dernières recommandations. Entre autres, que si on nous demande de l'argent, dire que non. Et s'il y a insistance, faire comme si nous ne comprenions pas. Puis il nous embrasse les yeux tout embué. Visiblement nous l'avons beaucoup touché. Ou alors c'est qu'il se fait du soucis pour notre route...

Céline n'est pas trop rassurée...  Moi non plus, surtout que la route est longue pour joindre le village de l'autre côté de la montagne. Plus de 30 km. Mais l'envie d'y passer est trop grande... Faisons confiance à notre bonne étoile.

 

Rapidement les paysages deviennent de plus en plus beau... et je ne regrette pas notre choix.

 

Nous croisons bien quelques bergers et leur chien, mais arrivons à les garder à distance. Nous suivons les indications de Ömer, aux embranchement, deux fois à gauches. Mais soudain, nous arrivons à un troisième embranchement et ne savons quelle route prendre. La route a débouché sur une sorte de plaine habitée par quelques troupeaux. Je vais m'informer auprès d'un berger du coin. Au premier abords il a l'air dubitatif en me voyant arriver. Mais rapidement il me serre la main et ne la lâche plus. Il insiste pour m'offrir le thé à sa tente. Je retourne vers Céline, en compagnie de ce nouvel ami qui ne m'a toujours pas lâcher la main d'ailleurs... Et c'est bien parce que je dois m'occuper de Willie qu'il me la lâchera.

Il nous amène vers la route à prendre. Et nous propose encore de nous accueillir chez lui. Ok, vu son insistance et notre envie de connaître le milieu où vivent ces bergers, nous acceptons.

 

 

Nous arrivons vers quelques maisonnettes de pierre recouvertes de bâches en nylon servant de toit. Femmes et enfants sont là et nous acueillent. Un tapis est sorti et posé à terre. Une nappe et un plateau de victuailles arrivent. Soupe, pain, fromage de chèvre et salade. Le repas du berger. Nous mangeons en leur compagnie et apprècions ce moment.

Quelle tranquilité. Tout est léger et paisible. Autant l'endroit que ces braves gens...

Nous réalisons que le métier de berger, même s'il est dure, est un des plus beau métier.

Ils sont trois famille. C'est pour cela que les moutons étaient teint en trois couleurs différentes. Ils viennent ici à leur "alpage" durant les trois mois de l'été.

   

Après ce bel échange, nous prenons notre route dans une petite vallée encaissée.

De temps à autre un petit nuage nous procure la fraicheur de l'ombre.

Nous ne parcourons même pas 3 km que rebelotte. Prèt d'une fontaine un nouveau clan de berger nous aborde.

 

Peut-être que notre réputation nous a précédé, car une femmes nous demande des conseilles médicaux. Elle a une lésion à la peau du pied. Céline lui fait un emplâtre d'argile et d'huile essentielles. Pour nous remercier et nous connaître davantage, ils nous invitent à prendre le thé. "Ok, mais pour 10 minutes alors" qu'on leur fait. 

 
 

En nous approchant de leur maison, les chiens de garde accourent. Ce sont quatre kangales qui commencent à nous tourner autour et voudraient bien "croquer" Willie. Et ce dernier n'est pas là pour les calmer, mais les aboie en retour fièrement... Heureusement que les bergers sont là avec leur baton pour nous escorter et les éloigner!

Ce campement est fait de maison plus développée. Et pour cause, il passe six mois ici. Et comme avant, rapidement ils sortent un tapi, une nappe et un plateau de victuaille. Nous n'avions plus très fin, mais par gourmandise, nous mangeons un peu. Surtout qu'il y a de la confiture de rose et une bonne pâte au sésame...

 
   

Nous reprenons notre route le ventre plus que plein! La plaine s'élargit et un nouveau campement apparaît au loin. Mais en arrivant à sa hauteur, de gros chien, beaucoup plus argneux que les précédent arrivent. Et c'est pas moins de 6 gros Corbans qui commencent à nous tourniquer autour. Et nous nous essayons tant bien que mal de les éloigner avec nos batons. Heureusement que les deux jeunes bergers du coin nous y aident avec quelques pierres. Sinon j'aurais pas donné cher pour la peau de Willie... On aurait bien pris une photo de l'événement, mais c'était un peu difficile!...

 

   

Vers la fin de cette grande plaine, le chemin disparaît et nous demandons à une femme montant fiérement son âne quelle route prendre...  Skadar en profite pour faire copain avec un âne du coin chargé de bois.

 

Nous finissons par trouver un petit chemin descendant dans une vallée encaissée. Le soir approche et le village tant attendu est à 2h de route. Nous ne tardons pas et sommes rejoint dans notre route par une caravane de quatre ânes descendant du bois dans la plaine, en compagnie du berger et de sa maman. Ils nous accompagneront sur tout le chemin.

 

 
 

Enfin nous sortons de ces gorges et débouchons sur la plaine. Le village de Beleiğez se découvre 2 km plus loin. Et ben, nous avons l'impression au sortir de cette montagne d'avoir passé une grande porte. Nous nous sentons plus fort qu'avant après avoir braver la nature, l'incertitude et ces gros chiens.

Le village semble grand et désert. Un fort vent souffle. On se croirait dans un western. Arrivé devant la mosquée un homme nous dit qu'il y a une "Oda", une maison d'accueille pour les invités, au centre du village. Un homme nous y accompagne et en moins de deux nous sommes logés nous et nos animaux. Après toutes ces émotions, le sommeil n'est pas dure à trouver ce soir là!

Le lendemain, jeudi 5 juin, J390, nous poursuivons notre route dans une grande plaine de champ de céréale. Il fait chaud. Willie se trempe pour se rafraichir.    

  Les points d'eau son plus rare par ici. Il y a juste quelques vieux puits...

Nous passons au bord du lac de Beyşehir. Des troupeaux de chèvres paissent aux abords. Des chèvres noires, comme la plupart. Ces chèvres sont très résistantes mais leur défaut c'est qu'elles mangent tout! Rendant désertique les endroits pas où elles passent. Du coup, dans certaines régions les bergers importent des chèvres blanches de Suisse. Elle mangent plus modérément, mais sont moins résistante. A voire si elle passeront les hiver rigoureux de par ici... 

 

Nous nous arrêtons dans le petit village de Kıyardede. Huseyn, un vielle homme du coin très élégant avec sa veste bleu marine nous montre un endroit en bordure de village où nous pouvons poser la tente. C'est à côté d'une petite infirmerie de campagne. Nous faisons connaissance de l'infirmière Rukiye qui y habite et nous invite à souper en compagnie de ses parents qui sont venu lui rendre visite quelques jours.

Le lendemain matin, Huseyn vient nous chercher et nous invite à déjeuner chez lui. Il a un âne des poules et des poussins. C'est bien aménagé chez lui.

   

 

Dans le village il y a plusieurs barques entreposées dans la rue. Pour la pêche sur le lac derrière la colline. Par ici il n'ont pas de problème d'eau. Il y a sept grosses pompes amenant de l'eau du lac pour les cultures. Donc pas de problème par ici pour la récolte des cerises. Les gens du coin nous en offrent plusieurs cornets. mmmh délicieuses!

 Sur la route, en milieu d'après-midi nous sommes tallonné par un orge. Les éclairs grondent, le vent souffle et quelques gouttes commencent à tomber. Nous poussons nos ânes en avant et espérons échapper à cette tempête. Après une heure de marche forcée, ouf, nous y échappons. Mais déjà le suivant se profile au loin. Nous décidons de trouver un abri pour la nuit dans le village de Selki. Céline s'habrite sous un balcon pendant que je part en direction d'une éventuelle "oda". Le propriétaire, Celalettin, un jeune père de famille arrive avec sa voiture. Il claxonne voulant accéder à son garage. mais comprenant la situation, il nous invite à prendre refuge chez lui. Quel acueille. Douche, repas, lessive, animaux loger dans son garage. Et pour la soirée, Céline la passe en compagnie des femmes à la maison et moi je vais au bistrot discuter avec ses amis qui sont tous content d'avoir un nouveau sujet de discussion.

 
 

Dimanche 8 juin, Karma traine à l'arrière et fait tomber son bât sur la route... Le temps de le lui remettre en place, c'est Skadar qui a fait tomber le sien, étant tout exciter, ayant perdu de vue sa dulcinée. Vraiement, pas un pour rattraper l'autre!  

Enfin, nous nous arrêtons prêt d'une fontaine pour la pause de midi, à côté d'un chantier. Là comme pour nous soulager, un garçon, fils du patron du chantier, vient avec teillière, verre et réchaud nous préparer du thé. Sympa! Ensuite, un gars nous donne des fruits que nous n'avions jamais mangé auparavant. Ils ont la taille d'arachide. Leur chair est toute sèche. Elle se mélange avec la salive et révèle un délicieux arome très fruité et sucré. Etonnant. 

 

Nous passons par Yenidoğan où nous rencontrons une foule d'âne. Dont plusieurs en liberté qui viennent vers nous saluer nos ânes. Ils font l'élevage par ici. Les gens nous indiquent un petit chemin de terre que nous prenons pour atteindre le village suivant à 10 km pour passer la nuit. Le village de Saraypınar semble bien petit et peu accueillant. Les quelques personnes que nous saluons ont de la peine à nous saluer en retour. Nous nous adressons à l'Imam sortant de la mosquée.

 

 Il nous amène chez Hussein. Muhamer, son fils nous reçoit et nous amène à l'oda (une maison d'accueil) que sa famille gère depuis plus de cent ans. Très rustique mais propre et joliment aménagé. Peu de temps après un plateau de délicieux met nous est servit. On se régale... Nous nous douchons au dessus des toilettes turques qui sont à 2m du sol et dont le trou laisse directement les excrément tomber à terre, à côté de la ruelle. Vraiement très rudimentaire... Il est sympa de se dire, en se soulageant au toilette, que quelqu'un peu admirer vos excément tomber à terre à 3 m de lui... Enfin, c'est juste une pensée d'occidental je suppose!
En tous les cas l'accueil de cette famille est très chaleureux. Surtout de la part d'Hussein qui nous apporte le déjeuner au matin. Il nous propose de dormir à Güneyköy, une oda s'y trouve aussi tenue par l'un de ses amis.
 

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