Mathias et Céline (Suisse & Italie)
Qui suis-je ?

Mathias et Céline sont partis le 12 mai d'Yverdon en direction de la Mongolie à pied. Ce blog trace leur parcours en Suisse et en Italie

Derniers articles
Menu
Mes amis
Liens


Billet 127 sur 162
Page précédente | Page suivante

14/06/2008 - Turquie 10

Turquie: épisode 10


Lundi 9 juin, nous continuons notre route en passons par Derbent. Nous entrons dans une vallée en direction de Konya qui s'approche. A l'orée de la vallée se trouve un barrage. Nous y pique-niquons. Mais lors du départ, sur le coup des 16h, Willie ne veut plus avancer. Il a trop mal à ses petits coussinets sous les pattes. Beaucoup de route au soleil ces jours-ci... Nous n'avons pas le choix. Il faut le porter. Nous l'attachons sur Karma. Il a l'air d'un vrai pacha. Mais même pas 500 m plus loin, le bât se casse la figûre. Mince alors. Je décide de le prendre dans mon sac à dos. Ouah, il est pas tout léger l'animal. Il doit bien faire ses 25 Kg... Enfin, nous avançons tant bien que mal. Le poids me rappel le carrix... Bon, là c'est qu'en même très lourd!

Céline toute fière de son Willie en âne...

Dans le sac à dos, il fait déjà moins le fière!...

Nous progressons lentement et c'est à la nuit tombée que nous arrivons dans le petit village de Guneyköy. Il fait nuit et plus un chat, à part quelques chien, traîne les rues... Et le village semble presqu'inhabité. Au milieu du village, Céline toque à une maison éclairée. Par deux fois, mais personnes ne vient ouvrir. Nous continuons et voyons des hommes assis au travers d'une porte entre-ouverte. Je doit les interpeler plusieurs fois et hausser sacrèment la voie pour qu'ils se décident à bouger... En fait le Muktar habite dans la maison ou nous avions frapper précédement. Cette fois Céline tambourine à la porte. Le muktar accepte de nous loger dans l'oda du village. Il passe plus tard dans la soirée nous visiter avec l'un de ses amis. Mais c'est plus pour montrer que c'est chez lui ici que par intérêt pour notre voyage. Il a peut-être besoin de se donner de l'importance, vu que ce village qui comptait 500 personnes naquère n'en compte plus que 120. Tous les jeunes sont partis à la ville. Peut-être que la route passant par là et menant à Konya, qui est en reconstruction et élargissement, sauvera le village...

Ce matin, nous mettons Willie dans mon sac à dos que nous fixons sur Karma sous les yeux dubitatifs des quelques vieux du village... Qui doivent vraiement se demander ce que l'on fait!...

Nous continuons à longer la vallée. Sur le chemin nous sommes intrigués par deux femmes, une mère et sa fille, qui ont une curieuse façon de cuire le pain...

Leur four est vertical. Elle font un feu pour le chauffer, puis gicle les parois d'eau. Ensuite elle colle leur galettes contre les parois et recouvre le four. Cuisson entre 40 min à 1h.

Intéressant, jamais vu cela auparavant. Pour notre plus grande joie nous repartons avec quatre galettes dans nos poches.

Ca tombe bien, nous n'avions plus de pain...

En fait ce type de four se nome "Tandır" et se trouve spécialement dans la région de Konya. Le pain qu'on y cuit se nomme "Yufka ekmek". Très bon. Ils cuisent aussi le mouton dans ce type de four. Très savoureux il paraît...

Nous passons par başarakavak et décidons de couper par les montagnes... la vue devient vite très belle!

Mais les heures passent et nous ne voyons toujours pas la fin de la route... Nous avons dû prendre un gros détour. La direction est bonne, mais la nuit commence à tomber et de gros nuages arrivent. Nous pressons le pas et celui de nos ânes avec quelques coups de baguettes.

Sur le col un berger nous indique la route. Mais le village est encore à 5 km. Peu être que le vent glacial qui nous souffle dans le dos nous donnera des ailles...

C'est dans la nuit que nous arrivons à Tatköy. Et comme à Güneyköy, l'hospitalité est difficile à trouver. Nous finissons par sonner à une maison. Le chef de maison semble plutôt accueillant est très étonné par notre voyage. Mais il nous dit que le muktar dort à la ville et qu'il n'y a pas d'oda. Voyant notre insistance, sa femme prend les devant et va chercher la personne qui gère l'"oda" du village. Elle se trouve juste à côté d'une maison où les gens nous avait renvoyé plus loin... Et ben, il faut drôlement insister ici pour être accueillit. Enfin, nous sommes bien content d'avoir trouvé un toit pour nous et nos animaux. Car un orage vient de s'installer à coup de tonnerre fracassant... Très impressionnant! D'ailleurs l'électricité a été coupée jusqu'au matin. Au réveil, les gens que l'on croise dans la rue ne nous salue guère. Et les enfants, pourtant les premiers et plein d'entrain à venir nous interpeler d'habitude mettent bien du temps. L'endroit souffre un peu la misère. C'est un peu comme les toilettes. Une simple pièce où l'on fait caca parterre. Nous avions connu des endroit pauvre, mais pas avec un manque d'énergie pareil.

Enfin, nous reprenons la route et découvrons une deuxième partie de village bien différente et beaucoup plus accueillante. Nous nous y arrêtons, suivant une invitation à prendre le thé et déjeuner. Histoire d'avoir une meilleure impression du coin.

Il fait chaud et on se demande si un foulard ne serait pas indiqué pour Willie...

Nous arrivons à Sille. C'était une ancienne ville arménienne il y a 700 ans. Beaucoup d'habitations ont été construite dans le rocher de la montagne donnant un avant gôut des Capadocces. Ce bled a vraiement beaucoup de charme.

Nous cherchons le muktar pour voire si l'on peut laisser nos affaires et animaux ici pour aller visiter Konya qui se trouve à 7 km. Nous rencontrons un homme semblant nous attendre avec son baton de pélerin sur la place du village. C'est Hazım, un turc parlant l'allemand. Il décide de nous accompagner jusqu'au abords de Konya et de nous trouver un endroit d'accueil là-bas. Nous lui faisons confiance et nous mettons en route.

A l'oreille de la ville il demande aux gens du coins s'ils accepteraient de nous héberger. Mais après une demi-heure de recherche il doit déchanter. Avec deux ânex, par ici, pas évident. Dans le temps et dans sa ville à lui, cela n'aurait pas posé de problème. Mais de nos jours... Enfin, il trouve qu'en même un plan. Nous nous adressons à une ferme perdue dans un énorme champ à l'entrée de la ville. Ses habitants nous disent qu'ils n'ont pas de place mais nous offrent volontiers à manger. Nous leur parlons de notre tente et acceptent que nous la dressions près de leur habitation, ne pouvant plus refuser...

Nous voilà donc enfin à Konya.

Le lendemain et les jours suivant nous allons visiter la ville. Nous y faisons plusieurs rencontres intéressantes. Et visitons de beaux monuments.

Konya est une ville de plus d'un million d'habitants. Pourtant elle ressemble plus à un énorme village. L'atmosphère y est étonnement paisible pour une cité de cette importance et les gens sont sympatiques. Lors de nos achats, aucun marchands n'a essayé de nous arnaquer. Nous ressentons une sérénité. L'islam y est plus marqué qu'à Istambul. Une majorité de femme porte l'eşarp (le foulard). Elles sont couvertes. Il n'y a que le visage, les mains et les pieds qui dépassent. Nous ne regrettons pas d'avoir pris le temps d'y passer...
L'esprit de Mevlana, ce grand sage derviche ayant habité ici la majeure partie de sa vie, est encore très présent et semble protéger cette ville. Elle fut d'ailleurs une des rares grandes villes ayant échappé aux invasions Mongols. Cette ville fut la capitale de l'empire Selcuk avant l'avénement de l'empire d'Osmalı.

Voici quelques unes de nos rencontres en ce lieu:

Le premier jour nous avons rencontré un marchand de tapis parlant le français. Il nous a invité à boire le thé. Le lendemain il nous a invité pour le diner en compagnie d'un musicien aveugle très connu dans la cité. Il a été très courtois et a même mit à ma disposition son tailleur pour réparer mon pantalon tout déchiré par les griffes de Willie suite à l'avoir porté dans mon sac à dos.

Le soir nous avons assister à une représentation de derviches tourneurs. Bon, ça n'a plus rien avoir avec les vrais derviches de l'époque. Ceux-ci tournent surtout pour les touristes. Néanmoins leur spectacle est très beau. Ils tournent sur eux même de façon très légère et très harmonieuse.
A la base, cette danse a été créée par Mevlana lors de la mort de son maître Şems. Le derviche tourne autour de son pied gauche, de droite à gauche, la main droite tournée vers le ciel pour recevoir du divin et la main gauche tournée à terre pour redonner à la terre. Et par cette dans le derviche entre en transe, il se place comme axe entre ciel et terre. Entre le spirituel et le matériel. A l'époque il paraît que cette danse les faisaient même entrer en lévitation.

 

A cette occasion nous avons fais la connaissance de Melahat Ürkmez une femme écrivain. Elle a écrit plusieurs livre au sujet de Mevlana et un sur son maître Şems venant de Tabriz en Iran. Elle écrit aussi pour les journaux et participe à des émissions TV. Elle nous invitent le lendemain au restaurant pour manger en compagnie de sa famille.

A cette occasion elle nous dit qu'elle veut écrire un article sur nous et faire un reportage. Le lendemain matin elle vient avec un reporter et un cameraman faire un intreview à notre tente. Nous passons le soir même au journal télévisé de la région. Le lendemain un article dans la gazette régionale et bientôt dans un journal national édité à Istanbul. Pas mal, en tous cas elle est bien plus conciencieuse que les précédents journalistes que nous avons rencontré...

Le soir même nous allons visiter le "musée" ou plutôt mausolée de Mevlana. Nous y trouvons plusieurs information sur la vie des derviches et de Mevlana et s'y trouvent plusieurs livre écrit par Mevlana (ou plutôt par son secrétaire). Il y a surtout sa tombe, celle de son père qui était un savant homme et celle de Şems son maître. Ainsi que d'autre derviche moins connus. L'endroit est un mixte entre un pseudo-musée et un lieux de prière et de pélerinage. Beaucoup de turques viennent se recueillir sur ces tombes.

C'est sous le dôme vert que réside la dépouille de Mevlana.

Ici la tombe de Şems, frère spirituel et principal maître de Mevlana.

Nous allons visiter la vielle mosquée se trouvant sur une petite coline au centre de la place centrale de la ville, la place Alaatin.

 

Pour voire la suite de nos aventures, cliquez sur le drapeau suivant:


:: Envoyer cet article