Mathias et Céline (Suisse & Italie)
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Mathias et Céline sont partis le 12 mai d'Yverdon en direction de la Mongolie à pied. Ce blog trace leur parcours en Suisse et en Italie

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21/08/2008 - Turquie 20

 

Turquie : épisode 20


Le 15 août nous quittons Divaskor et partons à l'ascension de la dernière chaîne de montagne avant de retrouver des "plaines". En route pour l'alpage de Divaskor, Divaskor Yayla.

Nous pensions arriver au plus tard ce jour même en Iran. Visiblement nous avons un peu de retard sur le planning...

Nous montons une route carrossable, évitant les détours de la pistes empruntée par les voitures.  

 
 

Nous arrivons rapidement dans la forêt. L'air devient plus frais.

Plus haut, le vent va se lever et fortement souffler, les nuages vont soudainement arriver avec quelques gouttes de pluies...

Après une heure de montée et ayant évité par chance les orages sporadiques, nous atteignons enfin les alpages de Divaskor Yayla. 

La vue est très belle. Et nous tombons en plein durant la saison des foins.

Le sentier s'étant perdu dans les champs, nous demandons notre chemin à trois frères faucheurs en la circonstance.

 
 

Par ici pas de machine, tout se fait à la main. Il nous invite à une collation en compagnie de leur enfant et femme. Mmh, le fromage d'alpage est très bon. Et ils nous servent une délicieuse pâte de sinorodon. Tellement bon qu'ils nous en reservent par trois fois... Quelle gentillesse.

Par ici les gens se déplacent beaucoup à cheval. Il y en à plein qui sont en pâture...

   

Il nous est difficile de progresser. Pas que le terrain soit trop accidenté, les bottes de paille étant suffisamment espacées, mais il y a une foule de personne qui fauchent en ce moment et chacun vient discuter à notre venue. Quel accueille par ici. Chacun veut nous inviter à passer la nuit à l'alpage...

 

 Nous poursuivons sur les pâturage d'Avçakale Yayla.

 

Là plusieurs troupeaux de vaches sont en pâtures. Mais mâles et femelles sont séparés. Sinon les mâles se batteraient ensemble pour la donzelle.
Nous nous arrêtons pour le thé et une collassion sous la tente de deux frères, gardiens de troupeaux, vivant ici durant les trois mois d'été. Pour chaque vache qu'ils gardent, ils gagnent environ 40 Ytl pour les trois mois. Il ont un troupeau de 350 bêtes. Pour la turquie, c'est bien payé. C'est pourquoi ils quittent annuellement leur petits jobs d'Istanbul et son saisonniers ici à l'alpage.

Il sont armés, car par ici rôdent la nuit des loups. Ces carnassiers ont attrapé un jeune vaud il y a un mois, et surtout leur âne il y a trois jours...

Nous apprenons qu'ici la montagne s'appelle Allahüekber Dağlılar, culminant à plus de 3100m, en commémoration des nombreux soldats morts de froid durant un hiver. Devant rester en poste ici dans la montagne, bien qu'il n'y avait pas de guerre déclarée au milieu des année 1900, entre 90 à 120 milles hommes sont mord ici. Il faut dire que les températures peuvent descendre à moins 35 degré. Voire plus. 

 

En partant, l'un échange sa casquette contre mon chapeau. Souvenir symbolique de notre passage. Et ce chapeau de cow-boy lui ira mieux à lui qu'à moi, c'est certain! Il est fou de joie...

Ils téléphonnent à leur famille qui nous accueillera dans la plaine à Avçakale au pied de la montagne. Nous passons par la yayla d'Avçakale au passage.  

 

Nous arrivons à la nuit tombée au village d'Avçakale, sous un beau clair de lune ronde. Leurs frères partaient à notre rencontre lorsque nous arrivions.
Ils sont quatorze frères et soeurs. Par ici il y a beaucoup de famille kurdes. Et l'habitude de faire  beaucoup d'enfant pour s'entre-aider au travaille persiste toujours. Leur langue est bien différente du turque. Leur culture est un peu un mélange entre le turc et l'arabe. Bien que cela soie un peuple bien à part.

Céline se retrouve en compagnie des femmes et moi avec les hommes. J'assiste à une réunion de vente d'un tracteur. Il y a une dizaine d'hommes autour de moi dans une sorte de salon. Ils est surprenant de voire à quel point ils passent d'un sujet de conversation à un autre. Bien que le fond de la discussion soit la vente du tracteur, elle est entre-coupée réguliérement de questions et réflexions au sujet de notre voyage, le temps de reposer les esprits et la réflexion quant à la vente proprement dite. Finalement un prix se décide et tous partent.
Moi qui pensait qu'ils étaient venus exprès pour faire connaissance...
 

 
 

Le lendemain nous réalisons, à la vue du village en plein jour, que la région est pauvre. Il m'invite à filmer et photographier les alentours. Comme si dans la région il y avait un besoin de "garder en mémoire". Déjà à l'alpage j'avais senti la même chose. C'est peut-être parce qu'ici s'est passé l'exode arménien. Ils vivaient ici jadis. Ou peut-être parce que les kurdes sont en recherche d'une identité...  

Nous sommes le 16 août et partons de bon pied content de retrouver de vastes plaines, sur un plateau à 2000m. Après toutes ces montagnes et leur fortes émotions, c'est plus reposant. Mais la région est pauvre et on sent qu'il ne faut pas traîner par ici. Bien que l'on reçoive un bon accueille en traversant les villages. Vers midi un homme nous oblige presque à gagner sa maison, par "soif" d'hospitalité. Malgré que nous ayons eut envie de continuer. Rapidement nous ne regrettons pas notre choix. Il nous offre un vrai festin, avec de surcroix, une douche. Ca faisait quatre jours que nous ne nous étions pas lavés. Quel bonheur! Sa fille est justement ici en vacance avec son mari turque parlant très bien l'allemand, habitant en Allemagne, non loin de Bâle. 

 

Il nous propose de nous emmener plus loin vers Oluklu en camion. Comme il doit justement aujourd'hui aller y chercher trois vaches. Il fait acheteur et revendeur de bétails avec son camion. Ca tombe bien. Cela nous permet de nous reposer un peu. Surtout que Skadar boite en ce moment, suite aux chemins difficiles naguère dans la montagne. 

J'en profite pour filmer un peu lors du voyage. Histoire de s'essayer au "travelling"... cheveux au vent. Le chauffeur conduit à toute vitesse. Heureusement que les ânes sont bien attachés!  

 

 

 

Il nous dépose au bord de la grande route et continuons notre chemin. Nous atteignons le bord du plateau et commençons la descente dans une vallée. Là l'orage nous surprend et nous allons demander à la "karakol", maison des jandarmes, sur le bord de route où nous pouvons trouver abri pour la nuit. (Ci-contre, photos le lendemain avant de repartir).

Au début le garde nous renvoie plus loin... mais devant notre insistance, la nuit tombe et la pluie, ses chefs arrivent et contact un de leur ami à Paslı, le village d'à côté, qui accepte de nous offrir l'hospitalité.

C'est Fevzi, un éléctricien qui nous emmène dans son village à sa maison. En entrant chez lui, j'ai l'impression d'entrer dans une grotte. Nous passons un petit corridor au milieu d'un brique-à-braque d'affaires de cuisine. Nous entrons dans l'une des deux pièces habitables de la maison. Une sorte de salon, chambre à coucher, salle à manger et réduit. Là vivent ses parents, son frère, sa femme et leurs trois enfants. Tous kurdes. Nous nous entassons tous dans la pièce et sommes rejoints par une dizaine de voisins curieux pour boire le thé. Ils veulent tous nous prendre en photos avec leur natel... 

 
 

Après le souper il se met à pleuvoir, nous allons mettre les animaux à l'abri. Quelle ne fut pas ma surprise de voire Fevzi les faire rentrer dans la maison, dans une pièce attenante. Là, une vraie brocante. Les murs sont couvert de vieux ustenciles devenus obsolètes depuis. (Genre une toute vielle barate à beurre) Plusieurs dindons et poules sont perchés de-ci, de-là... Etonnant!

Leurs enfants ont une sacrée bouille...!

Venu le temps de dormir, ils nous aménagent un lit dans la pièce et vont tous s'entasser dans la pièce d'à côté.

Nous nous couchons et espérons pouvoir rapidement trouver le sommeil. Mais voilà t'il pas que nous sentons des bêtes nous monter dessus, le long des jambes. Au début nous pensons à quelques fourmis. Mais avec la lumière et en y regardant  mieux, ces petites bêtes sautes... et nous remarquons qu'il y a plein d'anciennes petites taches de sang sur le draps... Là, il n'y a plus de doute, le lit est infesté de puces!!!

Mince alors. Et nous ne pouvons faire autrement que de dormir là, vu leur hospitalité. Nous essayons de les tuer, mais il y en a trop. Heureusement nous pensons à l'anti-moustique. On s'en badigeonne partout. Ca à l'air de fonctionner... On se recouche... On sent encore quelques petites bêtes, mais déjà moins. Espèrons que ça ne grattera pas trop demain. 
A peine coucher qu'on entend du bruit au plafond et de la terre nous tomber dessus... Il faut dire que le toit est composé de planches très espacées depuis le temps, et de terre. Pas de doute, il y a des rongeurs par là-haut. Nous devons changer de côté la tête du lit, histoire de ne pas en avoir plein les cheveux, et rassemblons la nourriture de nos saccoches que nous suspendons. Nous finissons par trouver le sommeil tant bien que mal...
 

Alors Céline, cette nuit, bien dormi...?  Pas trop de boutons ce matin? 

 

Heureusement les puces n'ont pas été trop voraces...

Ce 17 août, nous continuons la descente de la vallée, longeant une rivière. A la première occasion, nous nous arrêtons et allons nettoyer nos vêtements et nous laver. Histoire de ne pas prolonger trop longtemps cette mésaventures... 

En préparant à manger j'entend Céline s'exclamer... Je regarde et la voie toute nue courir dans la rivière après ses vêtements emportés par le courant...
Eh!, Céline!, fait attention, y a une voiture qui arrive!!!   Elle en perdra sa casquette...

Au village de Kötek, un homme nous sugère d'aller au village suivant demander l'hospitalité au muktar Sulémane, à 7 km. Ok, ça semble bien.

 

La vallée est bordée de belle montagne rouge... et habrite plein de verger. Surtout des pommes et poires. L'endroit est parfois assez humide et les moustiques très présent. Surtout que leurs piqûres sont très prurigineuses.

Nous arrivons vers la tombée de la nuit au village et allons directement à la maison du muktar. Les gens sont accueillant par ici. Presque tous nous interrogent et discutent un peu à notre passage.

Arrivé à sa maison, il n'est pas là, mais sa famille nous reçoit.  

 

 


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