Mathias et Céline (Suisse & Italie)
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Mathias et Céline sont partis le 12 mai d'Yverdon en direction de la Mongolie à pied. Ce blog trace leur parcours en Suisse et en Italie

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30/08/2008 - Turquie 22

Turquie : épisode 22


Nous nous sommes mit en route le 25 août, après trois jours de convalescence pour Willie. Le temps que sa blessure cicatrise un peu. Chaque jours trois désinfections au iode et une piqûre d'antibiotique... 

 

Sommes partis vers les 10h30. Difficile de partir plus tôt après un si bon accueil... Nous retrouvons la route et la beauté des paysages de la région. Les montagnes au multiples couleurs, rouge, jaune, parfois vert...

 

Vers 17h en fin de journée, nous trouvons un barrage de jandarmes ( Les jandarma, comme on les apelle ici) dans un petit bled. Là, ils nous invitent à dormir à la station service d'à côté. Le prochain village étant à plus de 20 km, pas possible d'y arriver avant la nuit :Ok! Et la région semble tendue, surtout ne pas marcher de nuit...( de toute façon on ne le fait pas), Je suis inviée pour le souper par la jeune femme d'un gradé. Puis, nous passons la nuit dans la petite camii (mosquée) de la station service.

 

En route nous avons eut aujourd'hui la visite d'un journaliste-careraman. Il est venu nous interviewer et est repassé avec une caméra plus tard. Du coup nous lui avons demander une nouvelle photo de famille... 

Le lendemain, 26 août, c'est dans un hameau de 20 maison, à Atabey köy que nous devons nous arrêter, sur les 17h. Il n'y a pas de village avant Tuzluca, à 20 km. Par ici les villages deviennent plus rares, et les points d'eau aussi. Surtout que maintenant nous ne buvons plus l'eau des fontaines suite à notre mésaventure dans le "comté" d'Erzurum... Eau achetée au bakal ou bouillie sinon on boit pas! Dans ce petit bled d'Atabey, l'eau est toute trouble et inspire d'autant moins confiance. En fait elle est légérement salée. Il y a d'ailleurs des mines de sel à Tuzluca. Tuz signifie d'ailleurs sel!

 
Le 27 août, journée difficile. Il fait très chaud, et la région est désertique.

Au début elle commence plutôt bien. Nous commençons par entendre des voies, en français, on se demande si nous n'hallucinons pas... Nous découvrons soudain une caravane de cyclistes français. Deux couples en vélo couchés et un solitaire, tous parti de leur pays pour un tour du monde à vélo il y a environ trois mois. Ils se sont rencontrés ici en Turquie et font un boud de route ensemble. Hier ils étaient encore six. C'est toujours un plaisir de rencontrer d'autres voyageurs, même si on sent qu'un monde nous sépare... A pied s'est encore une autre dimention. 

 

Vers 10h nous sommes arrêté par un barrage de jandarmes. Ils nous font poirauter plus d'une heure... Pour nous faire patienter, le chef nous invite à boire le thé et manger de la pastèque dans son bureau. Tout d'un coup il nous rend nos passeports et nous pouvons partir. Nous ne savons pas trop pourquoi nous avons attendu tout ce temps. Peut-être devaient-ils recevoir un coup de fil de leur supérieur, ou alors simplement ont-ils pris le temps de nous connaître un peu mieux. Histoire de s'éviter une fouille de nos affaires... Enfin, nous pouvons repartir. 

Mais durant la pause de midi, une mésaventure arrive. Pendant que Céline nettoie la patte de Willie, deux jeunes bergers avec leurs chiens s'approchent d'un peu trop près. Willie bondit sur ses quatres pattes et aboie furieusement. Les chiens sont vite éloignés, mais ayant bondit, Willie a fait sauté 5 de ses 8 points de suture et la plaie est béante...  Mince alors!  Nous partons direct pour Tuzluca à 3 km et trouvons un vétérinaire. Le chien est rapidement posé à même le sol dans sa boutique, sur des journaux. C'est son adjoint qui va faire l'opération. Mais on peut se demander si c'est un vrai vétérinaire... Il ne prend pas le temps de regarder la plaie ni de la nettoyer que déjà il injecte comme un bourreau l'anesthésiant de-ci, de-là, bien profondément alors que cela se fait en sous cutané, sans reflux, il touche une artère et cela se met à gouter des grosse goutes de sang. La plaie est toute ensanglantée et le chien couine... Ensuite, sans attendre l'effet de l'anesthésiant il fait deux points de suture, le chien muselé "hurlant" de douleur... C'est une vraie boucherie!!! Pourquoi? on se le demande encore...  Enfin la plaie est recousue, mais on s'interroge, comment va faire le prochain vétérinaire pour enlever les précédent points de sutures, sous les nouveaux?  Enfin, peut-être que le sang apporté à la plaie va aider à mieux cicatriser...

 

 

Commentaire:Je suis furieuse et je dis au vétérinaire que ce travail est digne d'une vraie boucherie sans mâcher mes mots. De plus un journaliste à l'affut du sensationnel, se met à filmer notre détresse! Le pompon! Je lui dis de go d'arrêter et il fait mine de....avant que je remarque le voyant luminant de sa caméra,allumé en rouge. Je lui dit immediatement de stopper, mais quel toupet! Certains reporter se comportent tels des vautours!!!!!

Nous sommes un peu épuisé, surtout qu'un cameraman-reporter s'est glissé dans la pièce et à commencer à filmer sans poser de question... C'était le bouquet!

Le vétérinaire ne nous a rien fait payé.  On se demande bien pourquoi... Nous aurions préféré avoir une note et de meilleur soins!

Le cameraman nous amène à la maison des professeurs où nous pouvons passer la nuit. Mais avec nos ânes c'est problèmatique... Une foule de gens s'agglutine autour de nous et pose milles questions. Moment rêvé pour les prises de vue pour notre reporter. Nous attendons que la situation se décante un peu... la police passe et repart, puis presque tous s'en vont, il va faire nuit et nous apprenons qu'il n'y a, soi disant, plus de place à la maison des professeurs... Le cameraman, après ses prises de vues en a profité pour s'eclipser...

Finalement c'est un jeune parlant un peu l'anglais qui va nous aider. Il essaie d'abord, sur le conseil du maire, mais sans succés, une maison en construction. Puis un jeune coiffeur accepte de nous loger dans le salon de coiffure où il travaille. Mais son patron après coup refuse en me disant poliment que c'est parce que demain il n'ouvre pas. Mon oeil! Enfin c'est ok pour nous loger dans un magasin en face. Céline pendant ce temps est allée avec Musa chez qui nous pouvons laisser les ânes. Ensuite Ali, le patron du petit magasin nous propose l'hospitalité à domicile. Céline revenant, c'est Musa qui nous invite à dormir dans une petite maison annexée à chez lui. Ok, nous seront près de nos animaux, tous ensemble.

En fait il s'agit de l'ancienne maison. Un peu vétuste. Mais la piàce est d'abord balayée puis, sa femme et lsa soeur apportent un grand plastique avec lequel elles recouvrent le sol d'une des pièces et un grand tapis. Puis matela et couvertures. Wouah, quoi de plus récomfortant  que ça? Merci pour votre acceuil spontanné qui sent bon la chaleur humaine! Et ensuite le thé et un repas. Sympa et touchant à la fois. Merci pour votre aide! On se couche épuisés par toutes ces émotions et enfin nous dormons.

Nous reprenons la route le, 28 aôut, essayant de profiter au max. des heures pas trop chaudes. Une route agréable à deux voies, sans trop de traffic.  Un joli petit rek, on passe sur le rivière à sec et j'aide Karma à tirer la chariotte de Willie qui fait son petit poids. 

 

Le Will. ne tient plus en place tout saucissonné qu'il est. Les gens nous klaxonnant sans cesse pour nous encourager et nous féliciter. Ca me rapelle notre départ de Çannakale. Drôle de voir la tête des gens à leur volant! Parfois, ils ouvent leurs bras, mains tournées vers le ciel, en faisant une mine étonnée du genre :mais vous faites quoi là, à piedet par cette chaleur!? On continue d'avancer, quand un mini bus s'arrête à notre hauteur. Pleins de paires d'yeux posées sur nous, puis une main  nous tend un journal frais moulé. Avec un article sur nous! Merci les gars. Ils nous souhaitent une bonne route et repartent.

Arrivés au sommet donant sur une grande plaine, on commence à distinguer avec émotion très au loin, le mont Ararat. Lové dans une brume et surmonté de beaux nuages, serais-ce l'arche? Il semble encore innateignable. La plus haute montagne de Turquie! Mais, pour les Musulmans, Noé se serait "échoué" sur une autre montagne, proche de la Syrie et l'Iraq: Cudi  Dağı( prononcer djudi dâh).

Nous passons tout près de l'Arménie. Ici la frontière est à moins de 5 km... 

 

Petit à petit, au fil des kilomètres nous voyons avec plaisir le vert revenir. Puis dès que les premiers arbres sont à portées de main, nous faisons une pause. Profitons de nous laver, tour à tour, avec l'eau des canneaux d'irrigation. A l'abri des regards, dans un magnifique verger de pêches. Il faut dire qu'il fait une forte chaleur humide et on a de quoi se sentir crasseux après quatres jours sans douche...Du coup, on se sent tout neuf après ce coulage en plein nature. Pendant ce temps, es gens du village à côté vont et viennent pour travailler à leur jardins. A vélo ou a pied, pelles en main.  L'un nous offrant des tomates, ou encore, une femme nous tendant un melon et re-des-tomates...Merci!

 

En fin de journée, des maréchés nous proposent de nous arrêter et même de dormir sous leur tente. L'endroit rest ouvert toute la nuit et leurs hommes, trois azeris (provenant d'Azerbadjan) dorment sur place.

Nous posons la tente à côté, mangeons en leur compagnie et passons la soirée à discuter et à les interroger sur leur pays.

En Azerbadjan il y a peu d'eau, donc peu de travail. Culture difficile. Du coup ils viennent ici en Turquie travailler 8 mois dans les plantations. Et retourne au pays les 4 mois d'hiver. 

Chaque mois ils doivent faire un aller et retour à la frontière pour un nouveau visa. Avant ils pouvaient rester une année, puis trois mois. Maintenant le contrôle est plus rigoureux. Sorte de contrôle des saisonniers. S'ils avaient le malheur de dépasser leur séjour, ils seraient interdit de territoire turque durant 5 ans...

Au matin nous prenons le thé en leur compagnie et nous remétons en route avec quelques fruits et légumes en plus...

Le 29 août nous atteignons la ville d'Igdır. Nous allons directement à l'institut vétérinaire de la ville..     

 
 

Sertaç, un jeune de la ville avec qui nous faisons connaissance sur le chemin nous accompagne à vélo et nous indique le chemin. Arrivé, pas de vétérinaire inspecteur. Le vétérinaire du coin nous dit qu'il se trouve à la frontière, à Gümrück. Il nous fait qu'en même une feuille signée certifiant que nos animaux sont en bonne santé. Il pouvait bien nous le faire, après que les "carnets de santé" de nos animaux se soient vu aspergé de thé par mégarde sur la terrasse de son institut...
Sertaç nous offre l'hospitalité, nous ne refusons pas et l'accompagnons chez lui. Mais avant déposons nous âne dans un jardin cloturé chez la famille. Je l'accompagne à la banque pour retirer un peu d'argent que je change en euro pour l'Iran..

Etant donné que tout prélévement d'argent par carte visa ou mastercard n'est pas possible, ni les travler-check. L'iran étant plutôt en froid avec les E.U.

Nous pensions dormir chez notre ami, mais tout d'un coup il y a une sorte de malaise. Sa maman nous dit que nous ne pouvons pas rester, qu'il faut aller à l'hôtel. Elle raconte que le voisinage n'apprécie pas et que le patron de l'immeuble a interdit toute hospitalité. Mais elle tient néanmoins à nous offrir le souper. Ok, mais on sent bien qu'elle n'a tout simplement pas envie que nous dormions sous son toit... Sertaç a l'air tout mal à l'aise... il tient cependant à ce que nous soupions chez lui. Il s'en fait même un point d'honneur semble t'il. Car nous commencions à partir, sentons que nous gênions...
Devant leur insistance, nous acceptons, prenons le repas et partons ensuite vers la maison où nous avons laissé Willie. Là, vit une grande famille kurde. Murat  nous offre l'hospitalité pour la nuit. Quelle chance!

   

Le lendemain, 30 Août, alors que nos affaires sont prêtes et que nous prenons le déj. avec notre hôte avant de repartir. Celui-ci,  nous propose par quatre fois de rester encore une journee chey lui. Vu son insistance, nous en concluant qu'il peut se le premettre et acceptons avec joie. C'est l'occasion pour nous de faire nos moults achats et affaires courantes sans les animaux , enfin libres : )

C'est jour de fête nationale et la ville est prise d'assaut par des troupes militaires. Drapeaux et banderoles flottent au vent, des chants militaires et patriotiques se font entendre au loin. Dans la rue prévue pour la parade, des tanks fraîchement repeints sont alignés et les soldats, attendent...... On se fait contrôler nos passports. Vu nos tenues et nos bouilles plus blanches que la majorité (malgrès un bon bronzage), on ne passe pas inapreçu. Mais, n'en déplaise aux militaires, pas de bombe ou d'arme de destruction massive sur nous! Nous faisons emplette d'habits plus couvrants afin de pouvoir nous promener en Iran sans soucis.

Puis rentrons avant le coucher du soleil. Murat nous a cherché partout pendant deux heures. Il nous croyait perdus,petits poucets au milieu d'Iğdır. Nous nous excusons et savourons le repas du soir ensamble. Avant que, tour à tour, quelques membres de la famille nous convient à rester un jour de plus. Demain, ils offrent un mouton afin que la petite fille d'un des beaux-frères aie mieux. Elle a été assez sérieusement brûlée, ces jours, en tombant dans le tandır firin, le four à pain formant un grand trou au sol (cf photo "Turquie épisode 21",  photos 3 depuis le haut.)

On ne dit trop rien, et continuons à boire les nombreux verres de thé resservis à peine  vidés. Puis, notre hôte insiste et veux une réponse en nous apâtant avec la bonne viande en prévision. Au bout d'un moment, nous disons que... pourquoi pas.....Puis d'accord! Ils sont heureux et le thé coule à flot. Sertaç nous rejoint, et avant de partir se coucher, il nous propose de dormir ce soir chez son oncle. Dans la maison de la rue juste en face. On voit qu'il est appuyé dans sa proposition par le papa de la filette. Ce qui met Murat, notre hôte, hors de lui. Les kurdes ont un tempéremment très sanguin! Ils s'ensuit une enguelade heureusement avortée entre beaux - frères et Murat disant que s'il le faut , il nous hebergerait une semaine entière, voire une année dans sa maison. Puis nous calmons le jeu en disant à Murat que nous restons chez lui.

Et coup de girouette, Murat, revient après avoir discuté avec son beau-frère. Cet autre, nous dit en termes de très diplomatiques excuses plus que bidons, que demain on doit lever le camp! Bon, on a pigé! A côté, Murat n'ose lever le regard sur nous. Si on avait su .....on buvrait pas autant de thé jusqu'à des heures pas possibles! On se sent de nouveau mis à la porte.

Réveil dans le .... avec le soleil. On se prépare et déjà je vois que les femmes jusque là très chouettes deviennent distantes. Je dois même un peu insister pour qu'à notre départ, elles me serrent la main.


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