Mathias et Céline (Suisse & Italie)
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Mathias et Céline sont partis le 12 mai d'Yverdon en direction de la Mongolie à pied. Ce blog trace leur parcours en Suisse et en Italie

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25/12/2008 - Isfahan
Iran : Isfahan

 
 
 

 

Suite de l'histoire des visas :

Ce 17 novembre 2008, nous visitons donc quelques uns des monuments phares de la ville d'Isfahan en compagnie de M. Hossein et de sa famille. Nous visitons Siose pol, c'est à dire le fameux pont au 33 arches, et aussi pole Radju. Un autre pont tout aussi fameux! Et bien sûr la grande place d'Isfahan.

Le lendemain, suite de l'histoire de nos visas. Nous apprenons que la plupart des institutions d'état fond le pont entre le jour précédent férié, et le vendredi qui est leur dimanche. Ce jeudi donc, le buro des passeport est fermé. Nous devons attendre après-demain pour y retourner. Nous avons de le chance, la famille nous accueil sans problème ces quelques jours de plus.

Le sur-lendemain donc, samedi, arrivée à ce buro. Direct l'officier supérieur me demande pourquoi nous ne sommes pas venu le jeudi? Alors que c'était fermé. Juste pour voire s'il a réussi à nous faire déplacer pour rien! Assez tordu le mec...
Nous allons devoir attendre jusqu'à la fermeture, soit 5h de temps, pour finalement entendre qu'il y a un problème avec nos visas. Teheran ne veut pas nous les prolonger. Nous devons revenir demain. Je lui demande s'il est possible de simplement téléphoner. Il accepte et me donnne trois numéro. Il nous dit aussi qu'il a pris contact avec notre ambassade, ce qui se révélera faux...

Le lendemain, j'essais ces trois numéro, mais chacun est faux... Ca devient difficile. Je retourne donc le sur-lendemain. Le 22 novembre. Nos visa, c'est toujours pas bon. Son chef fait son possible, il faut attendre. Il me donne cette fois-ci un bon numéro et concède que sur les trois précédent il s'est trompé. Ben voyons! J'essaie tout de même ce nouveau numéro à la sortie du bâtiment. Il répond, mais lorsqu'il m'entend, me raccroche au nez.

Le 23 après téléphone, situation inchangée. Le 24 je passe à son buro. Il vaut mieux se montrer en chair et en os pour les stimuler un peu dans leur démarche. Surtout que notre visa est échu depuis le 20 et que nous sommes devenus "ilégaux". Là j'apprend que pour nos visas ça ne va pas du tout jouer. Visiblement, nous ne pouvons continuer à pied. Teheran va nous envoyer un camion qui nous expédiera directement à la frontière pakistanaise.  C'est pour après demain. Là, je suis sous le choque... On me demande si c'est ok?, mais je crois que nous n'avons pas vraiement le choix...  C'est pour des raisons de sécurités. On se demande qui c'est qui craint pour sa sécurité!
Je demande s'il est possible d'avoir un jour de plus pour nous préparer. Ils me disent de téléphoner le lendemain pour les modalités du transport et de passer le 26 pour partir avec le camion jusqu'au village. Nous profiterons néanmoins de notre dernier jour à Isfahan, en ce jeudi 25 décembre.
 


 


 
Jeudi le 25 décembre 2008
 
 
Un petit clin d'oeil d'Isfahan où nous passons en ce moment Noël!!!
 
 
Joyeux Noël à tous nos lecteurs
Merci papa maman pour le paquet reçu... je me le suis trimbalé toute une journée dans les rues d'Isfahan... 7,5 Kg et plein de bonnes choses du pays!  Ainsi qu'un nouvel appareil photo, et donc de nouvelles photos sur le blog!
 

Céline a fait du ainé sur ses mains... c'est la coutume ici lors d'un mariage pour ne pas oublié...  Nous avons eut la chance de participer à cette fête, la famille où nous logeons depuis plus d'une semaine maintenant ayant marié un de leur fils.

 

Quelques photos en vrac de beaux monuments ornant cette ville d'Isfahan...

 
 
 
   
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Aujourd'hui, ce matin 25 décembre nous vous souhaitons un joyeux Noël!
 
Nous avons déjeuné et partager avec notre famille d'accueil quelques bonnes choses de Suisse. Chocolat noir à l'orange, leakerli et biscaume... 

 

 afe

 

 


Suite de l'histoire des visas, car c'est pas encore fini... :

 

Le 26 donc, je passe à leur buro et apprend que pour finir, il n'y a pas de camion. Teheran ne veut plus envoyer le camion promis. En fait, ce camion était visiblement un prétexte pour nous faire accepter l'idée  de ne pouvoir prolonger nos visas et de quitter de suite l'Iran. Bon, je ne suis pas le seul désemparé, l'officier supérieur, lui aussi semble bien s'être pris la tête avec cette histoire. Il me demande si je peux trouver un camion moi même. Je lui répond que non, notre budget étant limité. Ils ne veulent pas prolonger nos visas et nous mettent à la porte, ils n'ont qu'a trouver une solution. Et leur état bourré de fric pétrolier doit bien en avoir au moins un en réserve...

Comme si ça ne suffisait pas comme nouvelle, le nouvel appareil photo reçu vient de nous être volé. Et nous sommes presque sûr que cela s'est passé ce matin même, dans la maison de Hassan. Du coup, nos soupçons se portent sur le fils. Mais sans preuve, il est difficile de faire quoique ce soit. Surtout après dix jours d'hospitatlité. Inhévitablement, un sentiment de malaise s'installe. Nous leur parlons de la disparition de notre appareil photo. Cela les touchent beaucoup. Et surtout la maman qui comprend la situation et pleure le soir dans les bras de Céline.
Nous demandons conseil à un de nos amis du village, Mohamed. Un jeune qui parle très bien l'anglais. Il nous dit qu'il vaut mieux laisser tomber. Cette famille, si nous accusions leur fils ouvertement, pourrait vite retourner sa veste, nous mettre à la porte et changer du tout au tout ses rapports, pour l'heure amicaux ,avec nous. Pas évident à accepter. Mais visiblement, par ici, les choses ne se font pas à ciel ouvert.

D'ailleurs, le lendemain, Hassan nous fait venir dans une chambre. Comme par miracle l'appareil serait réapparu sur leur livre sacré. La maman a été trouver un Imam aujourd'hui pour résoudre l'histoire par la prière. Il lui a dit que l'appareil réapparaitrait là où elle placerait ce livre.
Mais manque de chance, c'est notre ancien appareil photo, qui est sencé se trouver dans le paquet que nous avons envoyé en Suisse il y a 5 jours, qui réapparait. Là on ne comprend plus! Nous avons l'impression d'être dans un film... Nous finissons par réaliser que le fils nous avait aussi volé notre vielle appareil juste avant d el'emballer. Les parents aussi ne comprennent plus ce qui se passe. Visiblement le fils doit consommer quelques substances et est très manipulateur.

Comme si ça ne suffisait pas, le lendemain soir, la police du village nous contrôle, et n'ayant pas nos passeports, ils veulent me garder à vue la nuit au poste. J'ai beau leur expliquer la situation, ils ne veulent rien entendre. Finalement Hassan arrive et se porte garant pour moi en laissant sa pièce d'identité. Nous devons retourner là bas demain matin.
Au matin donc, réexplication. Finalement je sors mon natel et téléphone au buro des passeports d'Isfahan. L'officier des visas accepte de parler aux policiers d'ici. Ok, je passe mon natel au chef, mais ce dernier ne sait que répéter "Allo? Allo? Allo?" et raccroche comme s'il n'avait rien entendu... Ou là là, pas évident! Finalement nous devons aller avec un policier à Isfahan. Il arrête un taxi et veut m'y emmener. Je demande au hazard si c'est moi qui devrait payer la course. On me répond que oui. Je leur dit que je n'ai pas d'argent. Il n'ont qu'a prendre une de leur voiture. Il finisse par trouver une autre solution. Un villageois accepte de nous emmener vers un poste d'arrondissement un peu plus loin. Là, ils semblent plus conciliant. Et après téléphone à Isfahan, ils nous laissent partir.

Face à ces événements, je téléphone à notre consulat à Teheran, pour une éventuelle aide. Ils prennent contact avec le buro des visas. Le consul m'apprend qu'il nous faut trouver un camion par nos propre moyen et qu'il vaut mieux le faire rapidement. Chaque jour dépassé sur la date d'échéance de notre visa peut nous être chargé 30$ chacun. Je comprend pourquoi il est dans leur intérêt de perdre du temps. Il ajoute que dans ce pays, on peut toujours se faire arrêter sans raison. Et en ce cas, la situation deviendrait compliquée... Ok. Nous prenons le taureau par les cornes et cherchons activement un camion les jours suivant.

Devant cette situation difficile et le malaise qui s'installe dans la famille, nous allons dormir les jours suivant chez Ashkan. Un iranien parlant très bien l'anglais, ayant vécu à Londre plusieurs années. Il avait son propre fast-food de Kebab. Nous avons pu nous reposer et nous remettre de ces histoires chez lui et sa femme. Il nous aide même à trouver un camion. Ayant dû vivre au noire un temps en Angleterre, il sait ce que c'est d'être en difficulté.

Au matin du 31 décembre, le camion est là. Les deux chauffeurs nous inspirent moyennement confiance, mais nous seront bien encadré par la police. Ils vont nous emmener directement à Zahedan, et de là nous trouverons un autre transport pour la frontière. Peut-être directement un train pour Quetta au Pakistan.
Un officier vient et prend le nom du chauffeur et son numéro de plaque. Et surtout, il lui donne une lettre et ce dernier a l'ordre de la délivrer au poste de police juste après Zahedan. Notre conducteur, maugréant un peu, fini par accepter.

Vers 14h nous prenons la route. Nous allons passer nouvel an en camion, quelque part dans le Balouchistan iranien. Et ce voyage n'est pas de tout repos. Il s'agit de 1300 km d'une traite. La nuit tombe rapidement. Les chauffeurs prennent des pastilles. Ils nous disent que c'est pour les maux de tête. Du coup, peut de temps plus tard, ils se transforment en vraies "chouettes". Leurs yeux sortent de leur orbites. Ca ne devait pas vraiement être des aspirines. Ou alors, passées de date depuis longtemps... La dessus, ils boivent du café. Le co-pilote, qui n'a pas l'air d'une lumière, peut-être après être tombé dans la marmitte à "pastilles", rempli le tiers du vers de café avant de mettre de l'eau chaude. Il brasse le tout avec un gros couteau de boucher. Epique! Si on n'était pas cadré par la police, je craindrais pour notre sécurité!
Nous essayons de garder chacun un oeil ouvert. Histoire de garder un petit contrôle sur la situation. Je commence à m'assoupir, mais sens qu'il me faut rester éveillé. Quelque chose risque de se passer. Le chauffeur traficotte avec des cables sous son volant, le co-piote s'endors, quand soudain, une masse inherte et sombre commence à se dessiner au loin sur la route. Je réalise que c'est un camion, tout feu éteint, arrêté en plein milieu de la route. Rapidement j'alerte le chauffeur en lui disant de faire attention... Le temps de réaliser ce qui se passe, l'arrière de ce gros camion devient de plus en plus proche... le chauffeur a juste le temps de réalisé qu'il y a juste la place par la gauche de l'éviter. Un coup de volant pour l'éviter, Céline crie, le bord de la route se rapproche dangereusement à toute vitesse, et un nouveau coup de volant pour rester sur route... Ouf, la catastrophe a été échappée de justesse! A cette vitesse, cela n'aurait pas pardonné.
Le chauffeur sérmone son co-pilote et s'écrie "Abolfasse, Abolfasse!"... Ce doit être le grand Imam protecteur des camioneurs. Il me donne direct le Coran à embrasser et Céline fait de même avec la Bible. Quel événement... Notre chauffeur un peu "trippé" gesticule encore pendant une demi-heure frénétiquement en vociférant Abolfasse! à tord et à travers... Quel spécimen!

Arrivée à Bam sur les 4h du matin, notre conducteur s'arrête à la sortie de la ville. Et s'écroule de sommeil au volant. Je suppose que c'est l'heure de la sieste, la route entre Bam et Zahedan étant peu sûr de nuit.  A 6h, aux aurores, nous repartons. Les paysages sont devenus très beaux par ici. De grand désert arrides, et des oasis vert de dattier.

Nous demandons à notre chauffeur de passer à la gare de Zahedan pour se renseigner sur les trains avant de passer chez les flics. Il nous dit que oui, mais nous amène direct au premier poste de police sur la route. Pas cool du tout! Mais il aura la monnaie de sa pièce. Il se retrouve obligé par la police de nous amener jusqu'au poste frontière, en avançant de poste en poste. A chaque fois il croit pouvoir nous laisser, mais on lui répond que sa lettre est à remettre plus loin...
Un militaire monte avec nous pour nous escorter sur les derniers tronçons de route. Nous croisont bien 5 à 6 check-points de police, des jeeps pick-up munies d'une grosse mitrailleuse lourde, des tours d'observations, certaines révélant sur leur façades des impacts de balles... La situation a l'air tendue dans la région. C'est par là qu'entre la plupart de la drogue en route vers l'Europe. "Officiellement", car beaucoup passe par bateau dans le golfe... Ou certaine fois, un camion par la route bourré d'explosif qu'ils ne peuvent arrêter!

C'est vers 14h que nous arrivons au poste frontière, juste après Mir Javeh. Là, sans nous demander quoi que ce soit, on nous tamponne nos visas d'office... Le chauffeur place son camion direct devant les grilles et commence à ballancer nos affaires... Nous l'arrêtons rapidement et déchargeons nous même.

Réalisant qu'il est déjà 14h30 et que la nuit tombant dans moins de 2h, nous demandons à passer la nuit à la frontière iranienne. Histoire d'avoir toute une journée pour s'aclimater et trouver un endroit sûr pour dormir au Pakistan. Mais rien à faire, les policiers ne veulent rien savoir. Finalement, en insistant, nous pouvons rester, mais pas nos animaux, qu'ils commencent à mettre de force hors de leur pays. Nous réagissons vivement, et Céline commence à crier et les supplier de nous laisser passer la nuit ici. Mais rien y fait. Il vont même jusqu'à faire venir un policier pakistanais pour lui faire dire que la date de sortie est aujourd'hui, donc que si nous restons, demain nous ne pourrons rentrer au Pakistan. Ben voyons... Il faut se rendre à l'évidence, il vaut mieux passer la nuit côté pakistanais. Nous finissons par partir, après leur avoir dit leur quatre vérités. Nous sortons écoeurés de ce pays. Je pense pas que nous n'y reviendrons pas. D'ailleurs, après ce qui vient de se passer, je pense aussi qu'ils ne nous accepteront plus...
C'est dommage, car ce peuple mérite mieux. Nous avons passer tant de bon moment en cette contrée.  Et vécu tant d'hospitalité de d'aide... Espérons que dans un avenir proche les choses puissent changer...

Mais pour l'heure, découvrons ce Pakistan. Et c'est un vrai choque! Nous avons enfin traversé la porte de l'Orient!!!


Venez retrouver nos aventures au Pakistan en cliquant sur ce lien!

 
   

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