Mathias et Céline (Suisse & Italie)
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Mathias et Céline sont partis le 12 mai d'Yverdon en direction de la Mongolie à pied. Ce blog trace leur parcours en Suisse et en Italie

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22/01/2009 - Pakistan 1

Pakistan : chapitre 1


 Texte entre-coupé par quelques photos anachroniques prisent lors de notre voyage en camion vers Quetta.


 

Arrivée au Pakistan à Taftan le 1 janvier 2009. Nous pensions y entrer le 2 au matin, mais ayant été mit à la porte par les iraniens, nous franchissons la "Porte d'Orient" ce premier jour de l'an. Il semble que ce soit le bon "timing"...

 

La vue de la cabine du camion, en route vers Quetta!


Nous étions déjà géographiquement en Orient après avoir franchit les Dardanelles en Turquie. Déjà là nous sentions le changement. Puis, au fur et à mesure de l'enfoncée en pays turque, l'Orient et ses cultures différentes se faisait plus présent. Avec l'Iran se fut encore une nouvelle porte passée. Mais là, ce nouveau passage est un choque. La marche est devenue énorme... On en tombe tellement cela devient troublant. Nous avons presque l'impression de rentrer en plein moyen âge. Tous sont habillés avec leur grandes "camisolles", camises, et leur pantalons bouffants, servars. L'habit est très différents. Alors qu'en Turquie et Iran, ils ont déjà "troqué" leur habit traditionnel avec nos "jeans" occidentaux. Nous pourrions dire, même, qu'ils se sont "défroqué"...!

 

 La route recouverte d'un voile de sable soufflé!
 
Mais il n'y a pas que l'habit qui diffère, tout diffère! C'est un vrai choque culturel. J'ai l'impression de me retrouver dans un "Corto Maltese". En Iran, tout se passait au niveau de la tête. Encore plus qu'en Occident. Surtout qu'ils sont comme coupés de leur corps, ayant peu de liberté de mouvement ou d'expression. Il y a comme un "barrage" au niveau de la gorge qui y règne. Peuple "à la nuque raide" comme exprimerait la Bible. Mais ici, la vie vous prend aux viscères... Nous nous retrouvons immerger dans le flux de la vie. S'en est troublant et excitant à la fois.

Parfois c'est carrément des dunes de sables qui grignotte l'asphalt!

Bon, ce saut vécu a aussi été produit par le passage d'un pays très restrictif à un pays où les lois semblent ne plus être écrites, par le fait que nous sommes propulsé dans ces contrées après 1300 km de route en 1 jours, ce qui est énorme pour nous simple marcheur, et peut-être aussi par le changement d'année...

Mais tout de même, l'Orient est bel et bien là cette fois! Nous avons l'impression de trouver enfin quelque chose que nous recherchions depuis le début en ce voyage. A tel point que nous nous posons même la question de savoir si nous continuons notre route à pied ou non. L'idée de nous poser en ces contrées fait son apparition... Mais pour l'heure, nous sommes au Pakistan et pas encore en Inde. Même si autrefois le pays était un avant 1947, Jina et Nerou. Donc, nous pensons, pour raison de sécurité, rejoindre l'Inde rapidement. Surtout que vu les tensions entre ces deux pays, leur frontière commune pourrait se retrouver fermée dans un proche avenir.

 

Le désert... parsemé de quelques rares petits villages...

 

Mais revenons à une réalité plus terre à terre. Nous passons d'un buro à l'autre. Trois exactement. L'immigration et deux douanes. Autant la douane iranienne était sur-baricadée, autant ici nous n'avons pas l'impression de bâtiment d'état. Ce sont de simples maisons "très ouverte". Il y a bien quelques gardes avec leur uniformes hétéroclite et leur calachnikof qui rodent par là... Mais étonnement, lorsqu'il faut, ils sont bien équipé. Pour preuve le buro d'immigration muni de mini caméra au comptoir, nous prenant directement en photo pour leurs fichies informatiques.

 

Parfois la route est bonne, étonnement!

 

Au second poste de douane, j'entre dans une vaste pièce au mûrs défréchit, avec quelques vielles étagères en bois remplie de vieux registres poussièreux. Quelques buros sur les côtés, au centre dans le fond, une grande table faisant office de buro. Plusieurs personnes affairées de-ci, de-là... Depuis un canapé dans l'angle au fond à droite, un homme assez corpulent, un petit capet sur la tête et de grande moustache me fait signe de venir... Je me rend compte soudain que ce "pacha" semble être le chef du coin. Il m'invite à m'asseoir à ses côtés et à prendre le thé en sa compagnie. Je lui parle naturellement de notre voyage, qu'il écoute le temps pris entre deux signatures,.. Il est régulièrement sollicité par ses subalternes. Il nous invite à poser notre tente dans le jardin et à souper ce soir vers 20h. Ok, nous ne demandons pas mieux, nous qui cherchions un endroit sécure pour dormir...

Cette maison est entourée d'un grand jardin, protégé par un mûr. Une pelouse juste devant une annexe fait l'affaire pour y poser notre tente. L'endroit semble assez sécure. Plusieurs garde rôdent dans le coin. Et après tout, nous sommes à la douane...

 

Au matin du 2ème jour de route.

 Juste à côté, dans un prolongement de l'enceinte, c'est le parque au camion qui arrive et reparte de la douane. Parfait, c'est là que nous trouverons notre transport. Nous y faisons la connaissance d'un jeune pakistanai travaillant dans l'exportation d'orange pour l'Iran. Les camions pakistanais décharge leur cargaison qui est direct rechargée dans les camions iraniens.

Le soir, premier contact avec la nourriture pakistanaise. Mmh, très bon, mais... après quelques secondes, les épices donnent leur revers de la médaille... C'est assez fort. Pas encore l'habitude de manger autant épicé! Bon, avec un bon chapati, un pain plat, cela permet d'adoucir...

 

Lors d'un arrêt à un petit resto-route.
 

Le lendemain, je ne retrouve plus mes travellers cheques ni mes cartes visas... Zut alors... J'en parle avec notre hôte qui me laisse son propre téléphone pour bloquer mes cartes. Puis je lui demande de l'aide pour trouver un transport et un chauffeur de confiance. Pas évident.... Il s'adresse à un chauffeur de pick-up qui ne nous inspire pas trop. Nous décidons de chercher par nous même. Surtout que notre ami est très sympathique, mais presque trop. Il a tendence à endormir notre confiance et semble avoir un air à deux air si on se fie à son regard. Nous partons et constatons que le chauffeur de pick-up nous suit. Nous finissons par le semer. Nous demandons pour un train, mais pour nos ânes, il faudrait que nous louyons carrément notre propre wagon. Et il n'y a que deux trains par mois... Nous prenons contact avec notre ambassade à Islamabad pour les informer de notre arrivée. Ce qui est conseillé vu la situation du pays. Nous ne savons pas trop à qui nous fier. Je me sens en plein cluédo. Etre sûr-attentif et devoir faire attention à chaque indice... Ca a un côté très excitant!

 

 

Nous passons à la police pour nous annoncer et voire pour une éventuelle escorte. Dans la petite cours d'une sorte d'ascienda, on a l'impression de se retrouver en plein western. Chaque policier a un semblant d'uniforme différent, leur fusils très hétéroclite, on nous reçoit dans la cours, assis sur un lit devant une vielle table faisant office de buro. Un peu plus loin derrière, on voit une grille avec plusieurs personnes derrière. La prison semble t'il... Nous passons ensuite dans une autre maison un peu plus loin et entrons dans une pièce pour prendre le thè et rééxpliquer notre histoire. Là un homme arrive finalement et nous emmène à la gare routière à la douane et cherchons un chauffeur. Nous en trouvons rapidement un qui nous convient très bien. Il nous inspire confiance. C'est le seul d'ailleurs dans toute la masse... Le hic, c'est qu'il part tout de suite, et que le Balouchistan la nuit, c'est pas des plus sécure... Un autre chauffeur qui part le lendemain matin se présente. Mais celui là ne nous inspire pas du tout! Nous tournons autour du pôt et nous en libérons. Nous retournons "discrétement" vers le premier et lui proposons un peu plus s'il attend le matin pour partir. Mais il commence à devenir trop gourmant. Nous abandonnons et verrons bien demain. Plusieurs fois je le recroise du regard en fin de journée. Il sourit et me rappel son prix... une sorte de jeux des enchère semble être ouvert entre nous. Je pense qu'il va attendre demain. C'est de toute façon que du bonus pour lui, car il n'y a pas l'air d'avoir d'importations de l'Iran, ou très peu. 

Nous bénéficions encore de l'hospitalité de la douane pour ce deuxième soir.

 

 

Au matin,  je constate avec plaisir que le camion de notre chauffeur est toujours là. Bien qu'il l'aie planqué entre deux gros autres camions. Notre ami est parti au bazard, j'en profite pour repasser à la police et faire un rapport concernant le vol de mes travelleurs chèques. Je passe dans la première maison, nous attendons un moment, il est 8h et ils semblent encore dormir. C'est pas des levé tôt par ici... Je passe ensuite dans le second buro, la 2ème maison et doit tambouriner un moment à la porte pour qu'il m'ouvre. J'insiste... et suit amené cette fois dans une troisième maison. Visiblement chez un plus haut grader encore. C'est là que nous faisons la connaissance de Jounus en prenant le thé et le déjeuner en sa compagnie. Il parle un très bon anglais et est plus que sympathique. 

 


Il est déjà 10h, le chauffeur vient au nouvelles. Ce qui nous permet de transmettre directement ses coordonnée à la police. Puis nous chargeons et nous mettons en route sans tarder. Nous avons 900 km de route et piste nous séparant de Quetta. En route!

 

 

 

Nos animaux et nos affaires sont dans la remorque de cet énorme camion....

L'intérieur de la cabine est aussi colorié que l'extérieur. Nous sommes assis tout deux à la place des copilotes. Ces deux là sont installés dans une autre cabine servant de dortoir, à l'arrière de la cabine de pilotage. 

 

Lors des arrêts je contrôle que tous se passe bien pour eux. Les ânes sont tout penaux à l'arrière, et Willie se royaume comme un pacha sur nos affaires.

 

 



 



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